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La journée de mercredi en détail

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Publié le - Mis à jour le

L'Amérique, sonnée par les attentats qui ont visé mardi les symboles de sa puissance, a continué dans la nuit de mercredi à jeudi ses fouilles macabres, à la recherche d'improbables survivants, alors que la vie ne reprenait que très lentement ses droits.

Aucun bilan global n'a encore été communiqué par les autorités américaines.

"Notre pays ne se laissera pas intimider par les terroristes", a martelé le président George W. Bush, lors d'un déplacement au Pentagone, près de Washington, touché de plein fouet par un avion détourné par des pirates.

"Venir ici me remplit de tristesse, mais aussi de colère", a-t-il ajouté, en rendant hommage aux secouristes qui continuent de chercher des victimes dans le bâtiment.

L'appareil lancé sur le ministère de la Défense, un Boeing 757 d'American Airlines avec 67 personnes à bord, avait en réalité comme cible initiale la Maison Blanche, selon de hauts responsables américains.

Dans la capitale fédérale, l'activité est restée très ralentie: peu de circulation, écoles fermées, carrefours principaux surveillés par la Garde civile.

A New York, le quartier des tours jumelles du World Trade Center, détruites par les attentats, ressemblait mercredi à une zone de guerre. Les sauveteurs y travaillent sans relâche depuis mardi matin.

Dans les décombres, les sauveteurs ont trouvé cinq personnes en vie et le bilan provisoire des morts s'établissait vers 01H00 GMT jeudi à 82 personnes, selon le maire Rudolph Giuliani.

Un maigre chiffre comparé aux milliers de personnes coincées sous les débris, selon le maire. Deux milliers de personnes sont en outre soignées dans les hôpitaux de la ville, pris d'assaut par des proches fous d'angoisse.

Tout le sud de l'île de Manhattan, jusqu'à la 14ème rue, restait le domaine réservé des sauveteurs. En fin d'après-midi, un nouvel immeuble du complexe du World Trade Center s'est effondré.

Comme à Washington, l'activité a été très ralentie. La bourse est restée fermée et ne devrait pas rouvrir avant vendredi ou lundi. Métros et bus fonctionnaient dans l'après-midi, mais le pont de Brooklyn restait dans le même temps fermé.

Dans de nombreuses églises et synagogues de la ville, les New-Yorkais tentaient de se réconforter mercredi soir en priant ensemble.

Les Nations Unies ont décidé de repousser à une date indéterminée le Sommet des enfants qui devait réunir du 19 au 21 septembre à New York plusieurs dizaines de chef d'Etat et de gouvernement.

L'aviation civile américaine avait en outre décidé de rouvrir partiellement le trafic aérien mercredi soir, pour permettre aux vols interrompus mardi de rejoindre leur destination finale. Mais la reprise de l'ensemble du trafic aérien, a été retardée pour une durée indéterminée en raison de craintes persistantes sur la sécurité.

Dans le monde, les soutiens, cérémonies, minutes de silence, ou condamnations, se sont multipliés.

L'OTAN a ainsi annoncé qu'elle était "prête" à réagir au côté de Washington s'il est confirmé que les attaques de mardi ont été organisées à l'étranger. L'Union européenne de son côté a promis d'aider à "punir" les responsables des attentats.

La réponse des Etats-Unis "pourrait être militaire, et j'espère que nous pourrons trouver des gens à viser et pourrons mener des actions directement contre eux", a indiqué le secrétaire d'Etat Colin Powell.

Selon les autorités américaines, l'enquête progresse rapidement, même si elles sont à ce stade incapables "d'attribuer de responsabilité spécifique", comme l'a reconnu le ministre de la Justice John Ashcroft. Plus de "2.000 pistes" sont suivies, a-t-il précisé.

Un grand nombre de pirates de l'air - de trois à six par avion détourné - ont été identifiés, selon le directeur de la police fédérale américaine (FBI) Robert Mueller.

Mercredi soir, les parlementaires américains ont participé à une veillée organisée au Congrès pour les victimes des attentats. Cette veillée a réuni des dizaines de sénateurs et représentants, dans un élan de solidarité et de prière pour les centaines de personnes tuées dans les attentats.

Après avoir été évacué et fermé mardi, le Congrès avait repris ses travaux mercredi pour adopter une résolution commune au Sénat et à la Chambre des représentants condamnant les attentats. Les deux assemblées ont apporté un soutien sans réserve à George W. Bush, promettant des représailles sévères.

Les propositions d'aide ont aussi afflué. Deux cents Uruguayens se sont ainsi portés volontaires pour aller aux Etats-Unis afin de soigner des victimes des attentats.

Ces circonstances tragiques ont conduit Hollywood à reporter la sortie de plusieurs films ayant trait au terrorisme. Les ventes de drapeaux ont par ailleurs explosé aux Etats-Unis, marquant un regain de patriotisme. A New York, des hôtels peu scrupuleux ont profité de la suspension du trafic aérien pour faire monter leurs prix autour des aéroports.

COUPABLES

L’enquête sur les attentats qui ont anéanti le World Trade Center de New York et touché le Pentagone à Washington semblait progresser et s’internationaliser dans la nuit de mercredi à jeudi, marquée par des veillées funèbres dans de nombreux lieux de culte et aux abords de la Maison Blanche.

Aucun bilan global n’a encore été communiqué par les autorités américaines, alors que la police fédérale (FBI) estime qu’un grand nombre des pirates de l’air - trois à six par avion - ayant transformé quatre Boeing en bombes volantes ont été identifiés.

Selon des responsables américains, la piste la plus sérieuse derrière les attaques suicide de mardi contre le World Trade Center et le Pentagone mène au terroriste d’origine saoudienne Oussama ben Laden, qui se cache en Afghanistan. Au Pakistan, l’un des trois seuls pays à reconnaître le régime des Taliban installé à Kaboul, le président Pervez Musharraf a promis au président américain George W. Bush l’entière coopération de son pays à la lutte contre le terrorisme.

Le ministre de la Justice américain John Ashcroft a reconnu qu’il était pour l’heure impossible «d’attribuer de responsabilité spécifique». Plus de «2.000 pistes» sont suivies, a-t-il précisé.

L’appareil lancé sur le ministère de la Défense avait en réalité comme cible initiale la Maison Blanche, selon de hauts responsables américains.

Au Canada, les autorités ont annoncé mercredi qu’elles enquêtaient sur la possibilité que des suspects dans les attentats aient séjourné au Canada. Selon la télévision Radio-Canada, un représentant de la police fédérale américaine se serait rendu dans la journée en Nouvelle-Ecosse (est), repartant avec la liste de tous les passagers qui ont emprunté le traversier entre cette province canadienne et l’Etat américain du Maine.

Le Congrès a repris ses travaux mercredi pour adopter une résolution commune au Sénat et à la Chambre des représentants condamnant les attentats. Les deux assemblées ont apporté un soutien sans réserve à George W. Bush, promettant des représailles sévères. Signe de la nervosité ambiante, l’Empire State Building de New York a été évacué dans la soirée à la suite d’une fausse alerte à la bombe. En revanche le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a annoncé que l’état d’alerte des forces armées avait été réduit.

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