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La junte déclare les monastères bouddhistes "no-go zone"

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Publié le - Mis à jour le

Les troupes birmanes ont pris position dans les principaux monastères bouddhistes de Rangoon vendredi pour y neutraliser les moines qui ont pris la tête de manifestations anti-gouvernementales de masse depuis plus d'une dizaine de jours. L'inquiétude grandit dans le pays à propos de la répression qui pourrait désormais s'intensifier à l'encontre des civils.

Au moins 10 personnes ont été tuées en deux jours de violente répression, dans les principales villes de Birmanie, dont un journaliste de télévision japonais, mortellement touché jeudi lorsque les soldats ont tiré sur la foule des manifestants qui réclament la fin de 45 de dictature militaire.

Selon des résidents, il semble que le gouvernement ait coupé tous les accès publics à Internet. Le web a joué un rôle crucial dans la médiatisation des manifestations anti-gouvernementales birmanes dans le monde entier. Vendredi, soldats et policiers anti-émeutes ont rapidement dispersé 300 personnes qui s'étaient rassemblées à Rangoon. Personne n'a été arrêté et aucun coup de feu n'a été tiré, ont affirmé des témoins.

Mais selon des groupes birmans en exil, le nombre de morts pourrait encore augmenter. Vendredi la junte militaire birmane a déclaré "no-go zone" les environs de cinq monastères, afin d'endiguer la vague de protestation anti-gouvernementale, ont rapporté des diplomates. Des centaines de personnes ont été arrêtées en deux jours. Ces manifestations sont les plus massives depuis deux décennies. Elles ont commencé le 19 août, suite à une hausse brutale des prix du carburant. Elles ont ensuite enflé lorsque les moines sont sortis dans la rue pour soutenir les manifestants, la semaine dernière.

Les autorités birmanes ont communiqué jeudi la carte "des zones de danger" aux diplomates d'Asie du sud-est: les environs de cinq sanctuaires bouddhistes, dont les pagodes de Shwedagon et Sule à Rangoon sont interdites d'accès et militarisées, a affirmé l'un de ces diplomates, parlant sous couvert d'anonymat. Selon ce diplomate les membres de la junte ont affirmé que les moines sont désormais "sous le contrôle" des forces de l'ordre dont l'attention devrait donc se concentrer à partir de maintenant sur les manifestants civils.

Jeudi, des camions militaires ont attaqué les monastères bouddhistes des banlieues de Rangoon, brutalisant et arrêtant des douzaines de moines. Tôt vendredi, les forces de l'ordre ont enlevé un journaliste birman travaillant pour un média japonais afin de l'interroger. Du côté de la communauté internationale, les Etats-Unis ont pris de nouvelles sanctions à l'encontre d'une douzaine de hauts responsables birmans, dont les deux généraux à la tête de la junte militaire. Washington a également demandé à la Chine, en tant que principal partenaire économique et politique de la Birmanie, d'user de son influence pour empêcher un nouveau bain de sang.

Les pays de l'Asie du sud-est ont également exprimé leur "révulsion" et appelé la junte birmane à "exercer la plus grande retenue et à chercher une solution politique" au conflit qui l'oppose aux militants pro-démocratie. Des manifestations sont prévues dans la région pour soutenir les militants pacifiques violemment réprimés en Birmanie.

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