La Cour suprême birmane examinait vendredi un ultime appel de la dissidente Aung San Suu Kyi contre son assignation à résidence, alors que la junte vient pour la première fois officiellement d'évoquer sa possible libération après les élections du 7 novembre.

Les avocats de Mme Suu Kyi devait présenter leurs arguments lors d'une audience devant trois juges qui devait commencer à 10H00 heure locale (03H30 GMT) dans la capitale Naypyidaw. "Nous avons tout préparé", a indiqué à l'AFP par téléphone l'un de ses avocats, Nyan Win, avant le début de l'audience. "Nous allons argumenter sur le fait qu'elle n'est pas coupable. Nous espérons son acquittement", a-t-il ajouté.

La "Dame" de Rangoun a été condamnée en août 2009 à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu'à son domicile, situé sur les rives d'un lac. Cette condamnation, qui l'a écartée des élections du 7 novembre, les premières en 20 ans, expire en principe le 13 novembre. Ses avocats espèrent la voir alors libérée, mais ils continuent malgré tout leur combat pour faire annuler sa condamnation.

Aucune date n'a été précisée pour l'énoncé de la décision sur ce nouvel appel. Les deux précédents avaient été rejetés, dont le dernier par la Cour suprême en février. Mercredi soir lors d'un dîner avec ses homologues de l'Association des nations de l'Asie du sud-est à Hanoï, le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win avait indiqué, pour la première fois de façon officielle, qu'"ils libéreraient Aung San Suu Kyi peut-être après les élections", selon une diplomate asiatique.

Washington, par la voix du porte-parole du département d'Etat, a immédiatement dénoncé "une lâche manipulation" de la part de la junte. Pendant que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton réclamait une enquête internationale sur les violations des droits de l'homme dans le pays. Aung San Suu Kyi a vécu en résidence surveillée sans interruption depuis 2003 et pendant plus de 15 des 21 dernières années.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé vendredi qu'il n'était pas trop tard pour "une transition crédible et démocratique" en Birmanie, où des élections vont se dérouler le 7 novembre.

"L'ASEAN et les Nations unies s'accordent sur le besoin d'une transition crédible et démocratique, et d'une réconciliation nationale en Birmanie", a déclaré le secrétaire général des Nations unies devant des journalistes, en marge du sommet de l'Asean à Hanoï. "Il n'est pas trop tard, encore maintenant", a-t-il ajouté.