La Maison Blanche a confirmé mercredi l'authenticité de la vidéo diffusée mardi montrant l'assassinat du journaliste américain James Foley par les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI).

"Les services du renseignement ont analysé la vidéo diffusée récemment montrant les citoyens américains James Foley et Steven Sotloff. Nous sommes arrivés à la conclusion que cette vidéo est authentique", a indiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, dans un communiqué.

Peu avant, le site internet GlobalPost, pour lequel travaillait James Foley avait indiqué que la police fédérale américaine estimait également cette vidéo authentique.

L'EI, un groupe de jihadistes extrémistes qui veut instaurer un califat en Irak et en Syrie, a affirmé mardi avoir décapité le journaliste américain James Foley et menacé d'en tuer un autre en représailles aux frappes aériennes américaines en Irak.

Dans une vidéo diffusée sur internet, l'EI montre un homme masqué et habillé de noir qui coupe la gorge de James Foley. Celui-ci avait été enlevé par des hommes armés en novembre 2012 en Syrie.

James Foley, qui à 40 ans était un reporter expérimenté, avait notamment couvert le conflit en Libye avant de se rendre en Syrie, où il a couvert le soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad pour le site d'informations américain GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres médias.

Le Pentagone a annoncé mercredi matin avoir mené de nouvelles frappes en Irak.

Les musulmans de Belgique choqués

L'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) se dit, mercredi dans un communiqué, "choqué par les crimes commis par l'EI (Etat Islamique) en Irak", en pointant particulièrement "les exécutions et persécutions que subissent les minorités religieuses". L'EMB affirme ne "se reconnaître en rien dans les agissements et objectifs du groupement EI et récuse d'ailleurs le dénominatif 'islamique' de ce groupement puisque ces agissements criminels n'ont rien à voir avec l'Islam qui, au contraire, prône des valeurs nobles de fraternité, de respect et de paix", indique le communiqué. En outre, l'EMB "condamne de la façon la plus ferme les activités de certains jeunes qui soutiennent l'EI". Enfin, l'EMB s'engage à continuer "à se concerter, à n'importe quel niveau, avec d'autres instances pour combattre la radicalisation de certains jeunes musulmans".

Dans son communiqué de ce mercredi, l'EMB ne fait pas mention des propos tenus mardi soir sur une chaîne flamande par le bourgmestre d'Anvers et président de la N-VA, Bart De Wever. Celui-ci avait déclaré qu'il pouvait difficilement comprendre la réaction de l'EMB qui, dans un premier temps, avait estimé ne pas devoir prendre ses distances par rapport aux agissements de l'EI puisqu'il n'avait rien à voir avec ce groupement. "Si cela s'était passé au nom de mon dieu, je me serais empressé de prendre mes distances", avait affirmé Bart De Wever, dans l'émission Terzake (VRT).

La communauté internationale s'indigne

Les principales puissances européennes, horrifiées par l'annonce de la décapitation d'un reporter américain, ont affirmé mercredi vouloir réagir à la "barbarie" des jihadistes de l'Etat islamique, qui tentent d'étendre leur "califat" en Irak et en Syrie.

Tandis que le président français François Hollande veut proposer à ses partenaires une conférence sur la sécurité en Irak et la lutte contre l'Etat islamique (EI), l'Allemagne a annoncé, après de longues hésitations, être "prête" à livrer "le plus rapidement possible" des armes aux Kurdes faisant rempart aux jihadistes, une mesure annoncée la semaine dernière par Paris.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont cautionné vendredi les livraisons d'armes aux combattants kurdes, la décision de livrer des armes revenant toutefois à chaque Etat membre. Après une offensive fulgurante, l'EI, accusé de nombreuses atrocités, a proclamé fin juin un "califat" sur les territoires qu'il contrôle, du nord de la Syrie à l'est de l'Irak et Washington a commencé à bombarder le 8 août les positions des jihadistes en Irak.

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté interrompu ses vacances pour présider une série de réunions d'urgence sur "la menace posée par les terroristes de l'EI", après l'annonce de l'exécution sommaire par l'EI du journaliste américain James Foley.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a qualifié mercredi de "crime abominable" cette exécution.

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RSF "horrifiée" par la décapitation

L'association Reporters sans frontières s'est dite mercredi "horrifiée par la nouvelle de la décapitation du journaliste américain, James Foley", revendiquée par l'Etat islamique en Irak et au Levant (ISIS devenu EI pour Etat Islamique) dans une vidéo sur internet. "Si l'authenticité de la vidéo de revendication de l'assassinat de James Foley est confirmée, il apparaît que l'Etat islamique pousse à l'extrême son industrie sanglante des otages", a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, dans un communiqué.

"James Foley ne travaillait pas pour le gouvernement américain, il était un grand reporter expérimenté qui portait seulement l'intérêt de l'information et non pas celui de sa nationalité. Nous exprimons nos sincères condoléances à sa famille et ses amis", ajoute RSF.

James Foley avait été enlevé le 22 novembre 2012 dans le nord de la Syrie. Il avait couvert le conflit en Libye en 2011, avant de couvrir le soulèvement contre Bashar Al-Assad pour le site américain GlobalPost, l'AFP et d'autres médias. Depuis le début du conflit en mars 2011, 39 journalistes ont été tués en Syrie dans le cadre de leurs fonctions, dont douze étrangers ainsi que 122 citoyens-journalistes syriens.