Le monde entier est désormais confronté à une menace terroriste en constante évolution. Celle-ci est devenue "la nouvelle norme", estime Michèle Coninsx, directrice de la Direction exécutive du comité contre le terrorisme (DECT) des Nations unies. Les États doivent collaborer dans tous les domaines possibles pour faire face à cette menace, a poursuivi la Belge lors d'une conférence de presse, vendredi, qui clôt une semaine de rencontres avec diverses institutions européennes. "Une menace mondiale, d'une complexité sans précédent au cours de ces 30 dernières années, doit obtenir une réponse mondiale", a-t-elle assené. "Malheureusement, il n'existe pas d'approche unique efficace dans chaque pays. Nous devons faire du sur-mesure, c'est un processus éminemment complexe. Le terrorisme peut adopter de nouvelles formes d'un jour à l'autre et c'est à nous d'en surveiller étroitement les évolutions."

Mme Coninsx renvoie particulièrement aux "returnees", partis soutenir des organisations terroristes à l'étranger mais qui, tôt ou tard, rentrent au pays. "Ils nous tiennent éveillés la nuit: ils sont sur le retour, incarcérés ou bientôt libérés, parfois après une relativement courte peine de prison car recueillir des preuves à leur encontre s'avère compliqué. Mais quelle est l'étape suivante? Ces détenus se sont-ils radicalisés, sont-ils capables de se réintégrer dans la société? "

La même réflexion est de mise pour les femmes et enfants qui accompagnent ces "returnees". Eux aussi sont devenus "la nouvelle norme", pour lesquels une solution doit être trouvée. "Il n'y a pas de recette miracle", selon la directrice de la DECT. "Il va de soi que nous devons nous occuper de ces enfants, qui sont des victimes. Notre tâche consiste à examiner les initiatives déjà prises, déterminer lesquelles fonctionnent et répandre les bonnes pratiques. La première chose à faire est sans doute d'identifier les enfants et leur mère, ensuite de leur porter assistance et enfin, peut-être, de les réhabiliter."

Autre volet de cette "nouvelle norme" pointée par Michèle Coninsx: les terroristes radicalisés à domicile et qui deviennent des "loups solitaires". Leur modus operandi n'est pas particulièrement sophistiqué: attaque au couteau, à la voiture ou au camion bélier. "Des moyens modestes qui, lorsqu'ils sont dirigés vers les masses, peuvent cependant avoir un impact important", conclut Mme Coninsx.