Le répit aura été de courte durée. Six jours après l’exécution de Robert Lavern Henry dans une prison de Floride, un autre détenu américain, Jeffrey Ferguson, a succombé ce mercredi à une injection létale de pentobarbital, cela malgré des appels répétés auprès de la Cour suprême - recours motivés par la composition pour le moins douteuse du mélange finalement fatal à ce dernier.

Sur fond de pénurie de produits utilisés pour les peines capitales, la polémique sur les conditions d’exécution des prisonniers enfle aux Etats-Unis, comme en témoigne Françoise Dieryck, coordinatrice Etats-Unis auprès d’Amnesty international. "Devant le refus des firmes européennes de fournir plus avant certains Etats américains en produits létaux, ces derniers ont désormais tendance à se tourner vers des entreprises non reconnues", explique-t-elle, faisant référence au drame survenu dans l’Ohio le 16 janvier dernier. Ce jour-là, l’exécution de Dennis McGuire avait tourné au fiasco, le condamné agonisant durant 26 minutes avant de rendre son dernier souffle. En cause, l’injection d’un cocktail médicamenteux encore jamais testé auparavant. Malgré cet épisode dramatique, la peine de mort continue d’être en vigueur à travers le globe, ainsi qu’en atteste le rapport d’Amnesty international publié jeudi (voir infographie).

Des méthodes d’exécution variées

Pour le secrétaire général d’Amnesty, Salil Shetty, "la peine de mort est un châtiment du passé". En 2013, il a été appliqué dans vingt-deux pays, selon des méthodes variées. "Nous n’avons pas constaté de recours à la lapidation au cours de l’année passée. Malgré tout, certains pays utilisent encore des techniques ignobles telles que la décapitation en public, le peloton d’exécution ou encore la pendaison", confie Françoise Dieryck. Si le sabre a les faveurs des bourreaux saoudiens, la pendaison est de son côté largement utilisée par les autorités iraniennes et japonaises tandis que la Chine lui préfère le pistolet. Des méthodes dont la "sophistication" ne doit pour autant pas faire oublier le recul de la peine de mort observé depuis vingt ans au niveau mondial. Seuls neuf pays ont procédé à des exécutions tous les ans au cours des cinq dernières années. Ces Etats, selon Salil Shetty, se situent désormais "du mauvais côté de l’histoire et sont, en réalité, de plus en plus isolés".