Les autorités turques cherchaient hier à vérifier si, comme l'affirment les médias, la police a été informée il y a un an d'un projet de meurtre visant le journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, tué le 19 janvier, mais n'y a pas donné suite, a affirmé le gouverneur d'Istanbul.

"Nous étudions les allégations concernant Erhan Tuncel", un informateur de la police selon les médias, écroué avec cinq autres personnes soupçonnées d'implication dans l'assassinat de M. Dink, a déclaré le gouverneur Muammer Güler.

Plusieurs articles de presse affirmaient mardi que Tuncel, un étudiant de Trabzon (nord-est) proche du groupe ultranationaliste auquel est imputé le meurtre, aurait averti la police locale en février 2006 d'un projet d'assassinat du journaliste.

Tuncel aurait indiqué que Yasin Hayal, également placé en détention provisoire en lien avec le meurtre, avait prévu de se rendre à Istanbul pour y tuer Hrant Dink, le directeur de la publication du quotidien bilingue turc-arménien "Agos". L'informateur a fourni l'adresse où Hayal entendait résider à Istanbul, a rapporté le quotidien populaire "Sabah". L'information a été transmise à la police d'Istanbul, qui n'a rien trouvé de suspect à l'adresse indiquée et n'a pas poussé l'enquête plus loin, selon le journal libéral "Milliyet".

"Milliyet" a précisé que Tuncel était devenu un informateur de la police en 2004, en échange d'une immunité après qu'il eut été impliqué dans un attentat à la bombe contre un restaurant McDonalds de Trabzon, un crime pour lequel Hayal a passé 11 mois en prison. La police aurait renoncé à recourir aux services de son informateur à l'été 2006, craignant qu'il soit un agent double. (AFP)