Les journaux palestiniens évoquent vendredi un «séisme politique » après la victoire éclatante du Hamas aux élections qui a fait voler en éclats l’hégémonie du Fatah, le parti au pouvoir depuis dix ans.

«Un séisme politique secoue la région », écrit en manchette rouge Al-Quds, principal journal palestinien, au-dessus d’une photo de sympathisants du Hamas défilant dans un déferlement de drapeaux verts à Ramallah.

Dans son éditorial, le journal estime que «le réel vainqueur de ces élections est le peuple palestinien qui a permis ce transfert pacifique du pouvoir à travers des élections libres, honnêtes et transparentes ».

«Le Hamas, auquel le peuple a donné une chance d’appliquer son programme politique, devrait démontrer au peuple palestinien et au monde entier qu’il est à l’hauteur de ce mandat populaire », écrit le journal.

«Séisme politique: Le Hamas rafle la majorité des sièges du Conseil législatif », proclame pour sa part Al-Hayat Al-Jadida, journal de l’Autorité palestinienne.

Son rédacteur en chef, Hafez Al-Barghouthi, a appelé dans un éditorial à la «création d’un gouvernement d’union nationale dirigé par le président (Mahmoud Abbas) pour nous sortir de la crise et nous éviter un scénario à l’Algérienne ou à la taliban ».

Il se référait à l’annulation des résultats des élections remportées par les islamistes en Algérie en 1992, enfonçant le pays dans un cycle de violences et à l’interprétation rigoriste de l’islam que les talibans avaient appliquée en Afghanistan avant la chute de leur régime.

«Le 25 janvier 2006 entrera dans l’histoire palestinienne comme celui de la fin d’une longue époque dominée par le Fatah et le début d’une nouvelle ère dominée par le Hamas, qui va être le premier mouvement islamiste à prendre le pouvoir dans le monde arabe », affirme pour sa part le quotidien Al-Ayyam de Ramallah.

Dans un éditorial intitulé «l’histoire appartient au Fatah et l’avenir à la Palestine », le journal estime que les résultats des élections ont constitué «une catastrophe pour le Fatah, un séisme politique et une révolution idéologique ».