L'ex-chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général norvégien Robert Mood, a affirmé vendredi que la chute de Bachar al-Assad n'était qu'une question de temps tout en estimant qu'elle ne suffirait pas nécessairement à mettre à fin la guerre civile dans ce pays.

"Tôt ou tard, le régime va tomber", a déclaré à l'AFP l'officier norvégien, dont le mandat à la tête de 300 observateurs a pris fin la semaine dernière sur fond de recrudescence de violences.

"La spirale de la violence, le manque de proportionnalité dans les réactions du régime, son incapacité à protéger la population civile font que les jours du régime sont comptés mais chutera-t-il dans une semaine ou dans un an? C'est une question à laquelle je n'ose pas répondre", a-t-il ajouté.

Une chute du régime combattu par une rébellion encore morcelée et militairement en position de faiblesse -- "c'est toujours David contre Goliath" -- n'est pas nécessairement synonyme de fin de la guerre civile, a-t-il précisé.

"Beaucoup croient que si Bachar al-Assad chute ou que si on lui donne une sortie honorable (...), le problème sera résolu. C'est une simplification à l'égard de laquelle il faut être prudent", a dit le général Mood lors d'un point de presse. "La situation pourrait même encore s'empirer".

"D'un autre côté, il est tout aussi important de dire qu'il est impossible de concevoir une Syrie à l'avenir où les détenteurs actuels du pouvoir resteraient en place", a-t-il ajouté.

Sur le terrain, le général Mood a été remplacé par le général Babacar Gaye qui a pris la tête d'une mission de supervision de l'ONU en Syrie (Misnus) réduite à 150 observateurs et dont le mandat est limité à 30 jours.

Combats à Alep

Des quartiers d'Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles, étaient mitraillés vendredi par les hélicoptères des forces gouvernementales.