La République démocratique du Congo et l'ONU ont signé un accord visant à renforcer la lutte contre les violences sexuelles commises pendant les conflits par des groupes armés et des soldats de l'armée régulière, principalement dans l'Est congolais.

L'accord a été signé par le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo et la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU chargée des violences sexuelles en conflit, Zainab Hawa Bangura, qui était en mission en RDC du 20 au 30 mars.

Tous deux "ont souligné la nécessité de neutraliser les groupes armés et d'initier un processus efficace de la réforme du secteur de la sécurité".

Augustin Matata Ponyo et Zainab Hawa Bangura ont "exprimé leur préoccupation devant la persistance des violences sexuelles commises par des hommes en armes principalement dans l'Est du pays", où la représentante onusienne a visité les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et la Province Orientale.

Kinshasa s'engage notamment à "accélérer la mise en oeuvre d'une stratégie nationale de réforme du secteur de la sécurité, y compris l'adoption de dispositifs spéciaux de prévention des violences faites aux femmes et aux enfants, surtout de prévention des violences en période de conflit".

Parmi les mesures prévues: éviter d'intégrer des criminels dans l'armée, assurer réparation et aide aux victimes, lutter contre l'impunité "notamment par le renforcement de la police spéciale pour la protection de la femme et de l'enfant et des cellules d'appui aux poursuites judiciaires".

Pendant sa visite, Zainab Hawa Bangura a entre autres rencontré le président Joseph Kabila, des ministres, des associations de femmes et des agents de santé des hôpitaux Heal Africa (Nord-Kivu) et Panzi (Sud-Kivu), qui apportent une aide aux femmes violées.

Cet accord intervient alors que les Nations unies ont lancé la semaine dernière un ultimatum, qui a expiré lundi, demandant à Kinshasa de prendre des mesures à l'encontre de ses soldats qui se sont rendus coupables de viols en novembre 2012 au Nord-Kivu.

Pendant la retraite de l'armée gouvernementale après sa fuite de Goma, capitale du Nord-Kivu où avançaient les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), 126 femmes avaient été violées dans une bourgade voisine. Sur onze soldats arrêtés, deux soldats ont été mis en cause pour viol.