La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné vendredi la Russie pour son système d'interception généralisé des communications de téléphonie mobile, un dispositif qui à ses yeux ouvre la voie à l'arbitraire et risque de "détruire la démocratie". 

En l'absence de "garanties adéquates et effectives contre les abus", un "système de surveillance secrète destiné à protéger la sécurité nationale risque de saper, voire de détruire, la démocratie au motif de la défendre", ont estimé les juges européens, qui ont condamné Moscou à l'unanimité.

La Cour avait été saisie par le rédacteur en chef d'une maison d'édition, qui avait tenté en vain de contester ce système d'écoutes devant les tribunaux de son pays. Il arguait en particulier que les services de sécurité en Russie ont la possibilité de placer sur écoute toutes les lignes de téléphone portable, sans autorisation judiciaire préalable.

Le requérant n'a pas pu prouver qu'il avait lui-même été placé sur écoute, mais la Cour a jugé qu'il était "en droit de se prétendre victime" dès lors que les mesures secrètes de surveillance "touchent tous les usagers" des services de téléphonie mobile.

Elle a condamné la Russie pour violation du droit à la vie privée et de la correspondance, en soulignant les "défaillances du système juridique" encadrant les écoutes téléphoniques.