Les organisateurs d'une flottille d'aide humanitaire internationale ont réaffirmé lundi à Istanbul leur détermination à forcer d'ici la fin juin le blocus israélien sur Gaza en dépit de la réouverture de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza.

"Nous saluons de tout coeur la décision du gouvernement égyptien de faire fonctionner de manière régulière le terminal de Rafah entre l'Egypte et la bande de Gaza, (mais) le blocus illégal d'Israël reste effectif", a déclaré lors d'une conférence de presse Vangelis Pisias, coordinateur de la flottille. "Israël empêche toujours les Palestiniens d'utiliser leur mer et contrôle et restreint sévèrement les biens entrant et sortant de Gaza. Dès lors, nous devons continuer à défier ce blocus", a-t-il poursuivi.

Quinze navires en provenance de différents ports de la Méditerranée appareilleront "dans 20 jours", soit aux alentours du 20 juin, pour Gaza, a indiqué l'activiste grec, qui s'exprimait à bord du Mavi Marmara, navire amiral d'une première flottille pour Gaza prise d'assaut le 31 mai 2010 par des commandos israéliens.

Neuf Turcs avaient péri à bord du Mavi Marmara durant l'assaut, qui avait suscité la réprobation internationale et a créé une grave crise dans les relations turco-israéliennes. Une manifestation devait avoir lieu dans la soirée sur la place de Taksim, la principale esplanade d'Istanbul, pour commémorer l'anniversaire de l'assaut. Les organisateurs comptent sur la présence de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

M. Pisias a également rejeté la proposition des autorités israéliennes de transférer les cargaisons humanitaires à Gaza après avoir vérifié qu'elles ne dissimulent pas d'armements. "Nous rejetons les appels à livrer nos marchandises via des canaux contrôlés par Israël car cela revient à accepter un régime brutal et illégal", a-t-il dit. Les bateaux de la deuxième flottille, venant du Canada, d'Espagne, des Etats-Unis, de France, de Grèce, d'Irlande, d'Italie et de Turquie, se retrouveront dans les eaux internationales au sud de Chypre, a précisé Hüseyin Oruç, de l'organisation caritative islamiste turque IHH, partenaire de la flottille.

Outre quelque 1.500 militants d'une centaine de pays, ils transporteront des denrées humanitaires, des matériaux de construction --dont 600 à 700 tonnes de ciment--, des fournitures scolaires, des équipements médicaux, des médicaments et des jouets, a ajouté M. Oruç. Interrogé par l'AFP sur la réaction des militants en cas de nouvel assaut israélien --un an plus tôt, des passagers du Mavi Marmara avaient pris à partie des commandos israéliens avec des barres de fer et des battes de base-ball--, M. Oruç a rejeté l'hypothèse d'un nouvel assaut.

"Ils n'attaqueront pas. Nous ne pensons pas qu'ils commettront une nouvelle fois cette même erreur (...) Les navires de la flottille sont des navires de paix. Les activistes vont naviguer paisiblement", a-t-il déclaré. Le musicien israélo-suédois Dror Feiler, représentant de la branche suédoise de la flotille, a pour sa part exclu le recours à la violence. "Ce qui arrivera dépendra des Israéliens: s'ils choisissent la voie de la paix, ce sera paisible, s'ils choisissent le chemin de la violence, malheureusement ce sera violent. Mais nous ne serons pas violents", a-t-il affirmé.

L'Egypte a rouvert samedi à titre permanent sa frontière avec la bande de Gaza, autorisant pour la première fois depuis quatre ans la libre circulation des personnes. La réouverture du point de passage de Rafah, le seul de l'enclave palestinienne qui ne soit pas contrôlé par Israël, a été critiquée par l'Etat hébreu.