La Turquie a réagi à la publication mercredi par la Commission européenne de son rapport annuel de progrès sur le processus d'adhésion turque au bloc européen en suggérant à Bruxelles de "changer l'objectif" de son appareil photo.

"Il y a des points équilibrés dans le rapport et il y en a qui ne le sont pas", a déclaré à l'AFP le ministre aux Affaires européennes Egemen Bagis.

"Si vous considérez le rapport comme une photographie de la Turquie, je peux dire que l'appareil qui a servi à prendre la photo est un vieux modèle", a-t-il affirmé. "Je pense qu'il est temps pour l'Europe de changer l'objectif car certaines photos sont floues et il faut un meilleur focus et le zoom ne montre pas qu'on a visé".

Le ministre a en particulier désigné la section concernant l'attitude du gouvernement vis-à-vis des minorités comme pas "acceptable". "Mon gouvernement a été le plus pro-minorités de l'histoire de ce pays", a-t-il estimé.

Concernant les inquiétudes de la Commission face aux nombreuses arrestations de journalistes en Turquie, notamment dans le cadre d'enquête sur des projets de complot contre le gouvernement islamo-conservateur, M. Bagis a assuré que "personne n'a été arrêté en Turquie en raison de sa profession de journaliste".

"Etre un journaliste n'est pas un crime en Turquie (...). Mais si un homme ou une femme qui s'avère être un journaliste est impliqué dans des activités illégales, sa profession ne va pas lui fournir d'immunité", a-t-il développé.

Le ministère turc des Affaires étrangères a pour sa part reproché dans un communiqué au rapport d'avoir insisté sur des "détails" ou au contraire d'avoir développé des "généralisations".

"Nous pensons qu'il ne s'agit pas d'un bonne approche pour parvenir à une évaluation objective et juste", commente le ministère.