Un tribunal d'Ankara a placé samedi en détention provisoire trois anciens diplomates turcs de haut rang accusés d'être liés à la tentative de coup d'Etat du 15 juillet, dont un ex-conseiller de l'ancien président Abdullah Gül, ont rapporté des médias. 

Gurcan Balik, Ali Findik et Tuncay Babali ont été incarcérés à la prison de Sincan, dans la banlieue de la capitale, en attendant leur procès, a indiqué l'agence de presse progouvernementale Anadolu. Ils sont soupçonnés de liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et accusé d'avoir orchestré le coup d'Etat avorté.

Figure de premier plan, M. Balik a notamment été le conseiller de politique étrangère d'Abdullah Gül, président de la Turquie de 2007 à 2014 avant d'être remplacé par Recep Tayyip Erdogan.

Il a également servi en tant que conseiller de l'ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu lorsque ce dernier était ministre des Affaires étrangères.

A ce titre, M. Balik avait servi de médiateur en 2013 lors d'une réunion controversée entre MM. Davutoglu et Gülen alors que le ministre des Affaires étrangères de l'époque participait à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, selon Anadolu.

En mai 2015, M. Davutoglu a confirmé qu'il avait secrètement rencontré M. Gülen à son domicile en Pennsylvanie afin de le persuader de retourner en Turquie pour apaiser les tensions au sein de l'administration.

Selon lui, M. Gül et M. Erdogan, alors Premier ministre, étaient tous deux au courant de la visite.

M. Davutoglu avait assuré que cette réunion n'avait rien d'illégal. "Je n'ai jamais rien dissimulé dans ma vie ou tenu une rencontre à l'insu de l'Etat", avait-il déclaré en 2015.

M. Balik a brièvement occupé la fonction d'ambassadeur de la Turquie auprès de l'Unesco. Pour sa part, M. Babali avait servi comme ambassadeur au Canada, tandis que M. Findik avait été ambassadeur au Costa Rica.

L'arrestation de M. Balik a eu lieu le 19 août, au lendemain de celle des deux autres ambassadeurs.

La Turquie a procédé à une traque implacable après la tentative manquée de coup d'Etat le 15 juillet, notamment dirigée contre les partisans de Fethullah Gülen.

L'arrestation de M. Balik est notable car elle met en lumière l'une des premières implications d'une figure politique liée au parti au pouvoir - AKP, islamo-conservateur - dans la tentative de coup d'Etat.