Les sondages qui prédisaient Hillary Clinton largement en tête se sont trompés sur toute la ligne. Voilà qui a de quoi rassurer les candidats à la présidentielle française à qui les enquêtes d'opinion prédisent une défaite. Ils voient là la preuve que tout est encore possible.

Le populisme de Marine Le Pen

Avant même l'annonce officielle de l'élection de Donald Trump, Marine Le Pen félicitait le candidat républicain sur son compte Twitter.

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Cette élection est un appui infaillible pour sa stratégie visant à critiquer en permanence le « système ». En réagissant à la victoire du milliardaire, elle a d'ailleurs annoncé : « Ce qui s'est passé cette nuit n'est pas la fin du monde, mais la fin d'un monde. Les Américains se sont donné le président qu'ils ont choisi et non celui qu'un système installé voulait leur faire valider ». Elle voit également dans cette élection « la victoire de la liberté d'un peuple souverain ».

« Marine Le Pen n’a aucune expérience et aucun allié. Il suffira qu’elle demande quelque chose pour qu’on le refuse. (...) Marine Le Pen, c'est l'isolement de la France », déclarait Nicolas Sarkozy en septembre sur France 2. Un argument devenu très faible après la victoire de Donald Trump aux États-Unis, et qui sert à la présidente du Front National. Tout comme le milliardaire américain, la candidate d'extrême droite surfe sur la vague du populisme, proposant un protectionnisme économique et des réformes radicales sur l'immigration. « Après le Brexit, les Etats-Unis montrent que la volonté du peuple peut l'emporter face à l'ensemble d'un système coalisé. De bon augure !», affirmait d'ailleurs sur Twitter David Rachline, le directeur de campagne de Marine Le Pen.

« Les Américains ont su s'affranchir d'une campagne où le dénigrement et la peur, l'infantilisation et la condescendance furent autant de tentatives infructueuses de conditionnement de l'opinion », a estimé Marine Le Pen en faisant référence à sa propre campagne. Si l'ensemble des médias et des sondages ne prédisent pas la candidate FN comme future présidente de la France, l'idée semble de plus en plus plausible pour celle qui a soutenu le Brexit et la candidature de Donald Trump envers et contre tous.

Les mauvais sondages de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy profite lui aussi de l'élection du républicain pour appuyer sa candidature. Il n'a d'ailleurs pas caché sa joie à l'issue du scrutin américain : « Au lieu d'insulter les peuples, de les traiter de ce mot épouvantable 'populistes', on doit essayer de comprendre, parce que ce qui se passe chez les autres pourrait se passer chez nous. Quelle est la gangrène de la démocratie ? C'est la pensée unique, la confiscation du débat démocratique par une toute petite élite qui vous explique que votre vie n'est pas votre vie, que vous avez tort et qu'elle a raison. », a-t-il annoncé.

Pour les partisans sarkozystes, cette élection légitimerait la volonté du candidat de s'ériger « en porte-parole de la majorité silencieuse », et justifierait l'écart important entre Alain Juppé, favori de la primaire, et Nicolas Sarkozy, en deuxième position dans les sondages. L'ancien président français compte sur les erreurs des sondeurs et des commentateurs pour retrouver un peu d'espoir dans une primaire qu'on disait gagnée d'avance par Alain Juppé, celui que les sarkozystes comparent désormais à Hillary Clinton et à « l'establishment ». La place de l'ancien chef de l'État dans les enquêtes, son franc-parler et sa position sur les questions identitaires et sur le clivage entre le peuple et les élites, sont autant de points communs qu'il partage avec le nouveau président des États-Unis, lui permettant à nouveau de rêver du siège présidentiel.

Si pour beaucoup l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche est un fléau, elle est une aubaine pour d'autres, qui y voient le reflet de leur propre campagne et espèrent le même destin.