Les autorités égyptiennes ont interdit l'entrée sur leur territoire de la Yéménite Tawakkol Karman, prix Nobel de la paix et militante des droits de l'Homme pour des "raisons de sécurité", ont indiqué dimanche des responsables aéroportuaires.

Retenue un temps à son arrivée à l'aéroport du Caire, Mme Karman a ensuite été obligée de reprendre un vol pour le Yémen, ont ajouté ces responsables sans plus élaborer. La militante, figure emblématique de la révolte populaire lancée en 2011 au Yémen dans le sillage du Printemps arabe, est la première femme arabe a avoir reçu le prix Nobel de la paix.

Membre du mouvement islamiste au Yémen, elle a affirmé son soutien aux partisans du président égyptien Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans et destitué par l'armée le 3 juillet après des manifestations monstres réclamant son départ.

Selon "l'Alliance contre le coup d'Etat", une coalition pro-Morsi, Tawakkol Karman devait se rendre sur la place Rabaa al-Adawiya, où les partisans de M. Morsi observent un sit-in depuis un mois.

L'Alliance a dénoncé dans un communiqué "une nouvelle violation des droits de l'Homme et de la liberté d'expression à ajouter à la liste des putschistes".

Dénonçant la mise en place d'un "Etat policier", l'Alliance a fait porter la responsabilité de cette interdiction au vice-Président Mohamed ElBaradei, également récompensé par un prix Nobel de la paix en 2005.

L'Egypte est désormais profondément divisée entre pro-Morsi et partisans des nouvelles autorités installées par les militaires.

Les islamistes observent depuis plus d'un mois des sit-in au Caire et entendent ne les lever qu'au retour de M. Morsi à son poste, tandis que les autorités de transition se disent déterminées à mener à bien une feuille de route prévoyant une nouvelle Constitution et des élections générales.

Plusieurs responsables internationaux se sont succédés ces derniers jours au Caire afin de tenter de sortir le plus peuplé des pays arabes de la crise politique.