Défenseur d'une "gauche totale", Benoît Hamon est devenu dimanche le champion socialiste à la présidentielle en France en battant sans appel l'ex-Premier ministre Manuel Valls à la primaire de la gauche, nouveau rebondissement dans une campagne pleine d'imprévus. La désignation de ce politicien de carrière de 49 ans, jusque-là considéré comme un poids plume de la politique française, vient clore le tableau des principaux candidats au scrutin d'avril-mai. Voici ses déclarations suite à la victoire :

- La mobilisation est le signe d'une gauche vivante. La gauche se tourne vers le futur.

- Avec Manuel Valls, nos différences ne sont pas irréductibles.

- J'ai la conviction, face à une droite des privilèges, une droite conservatrice, et un extrême droite destructrice, notre pays a besoin de la gauche, mais une gauche moderne, innovante, tournée vers l'avenir, qui pense le monde tel qu'il est non pas tel qu'il fût.

- Votre confiance n'est pas un poids mais un élan. (...) La gauche relève la tête.

- Je veux, grâce à une 6e République, vous redonner le pouvoir qui est le vôtre.

- Le revenu universel permettra de vivre le travail plus librement, de le choisir plutôt que de le subir.

- Je ne crois pas en homme providentielle (...) ma responsabilité est de vous proposer un chemin.

- Je veux commencer à rassembler tous les socialistes (...) Il faudra aussi rassembler la gauche et les écologistes (...) Dès lundi, je proposerai à tous les candidats à cette primaire et à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche et l'écologie politique - en particulier Yannick Jadot (NdlR : candidat écologiste - EELV) et Jean-Luc Mélenchon (candidat communiste - La France insoumise) - de ne penser qu'à l'intérêt des Français. Je leur proposerai de construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique, et démocratique.


Révélation de la campagne, Benoît Hamon a séduit avec sa vision innovante sur la transition écologique, le travail, la révolution numérique et sa proposition phare sur un revenu universel d'existence - de 750 euros à terme. Mais il n'est pas au bout de ses peines. Depuis des mois, le champion socialiste, quel qu'il soit, est donné perdant au premier tour de la présidentielle le 23 avril, loin derrière le conservateur François Fillon et la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, galvanisée par le Brexit et l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis.