L'Inde, ce pays à la civilisation et à la culture millénaire, est souvent traîné dans la boue en raison des multiples affaires de viol qui ont ému le monde entier. En décembre 2012, le viol collectif d'une étudiante dans un autobus avait secoué cette nation comptant plus d'un milliard d'habitants. Manifestations, émeutes dans les rues de New Delhi, la société indienne avait vivement réagi aux agressions dont sont victimes les femmes quotidiennement.
 

Malgré cette prise de conscience sur les rives du Gange, le chef de la police nationale a lourdement "gaffé" lors d'une conférence de presse dont les thèmes principaux étaient l'intégrité et l'éthique (!) dans le sport. Au cours de ce meeting, Ranjit Sinha a évoqué le cas des paris illégaux. Selon lui, il serait de bon ton de les légaliser, car ils ne peuvent de toute façon pas être totalement prohibés. Bref, quitte à ne pas pouvoir empêcher les gens de parier sur le sport, autant cadrer cette pratique afin que l'état obtienne une part dessus. Il se hasarde alors à une comparaison tout simplement choquante. "Si nous n'arrivons pas à interdire les paris, alors autorisons-les. C'est comme quand on ne peut éviter un viol, il vaut alors mieux l'apprécier" , s'est exclamé le chef de la police.


Cet argument plus que douteux n'a pas manqué de susciter la polémique en Inde. Des féministes ont qualifié ces propos d'"intolérables" , tout en exigeant la démission de M. Sinha. Ces propos ont également soulevé une vague de protestations sur Twitter.

Vu le tollé provoqué par ses propos lamentables, Ranjit Sinha s'est empressé de s'excuser via un communiqué . "J'ai donné mon opinion en disant que les paris devaient être légalisés et que si les lois ne peuvent être appliquées, cela ne signifie pas qu'elles ne doivent pas exister. C'est aussi faux que de dire que le viol est inévitable et que l'on doit l'apprécier. Je regrette si j'ai fait du mal. Ce n'était pas le but. J'ai le plus grand respect pour les femmes."

Malgré ces regrets, Ranjit Sinha a clairement remis en évidence le manque de considération pour les violences faites aux femmes. On ajoutera qu'il est d'autant plus effrayant d'entendre des arguments comme ceux-là dans la bouche de la personne chargée, entre autres, de résoudre les violences commises envers la gent féminine. Surtout lorsque l'on consulte les chiffres disponibles sur le sujet. Selon l'association All India Democratic Women's Association, "une femme ou fillette est violée ou agressée sexuellement toutes les deux heures".