La 12e conférence internationale sur le climat, destinée à renforcer les efforts de lutte contre le réchauffement de la Terre, a été ouverte lundi par le vice-président kényan Moody Awori qui a qualifié le changement climatique de "l'une des plus graves menaces" pour l'humanité.

C'est la première fois que cette conférence se tient en Afrique sud-saharienne, touchée de plein fouet par le changement climatique qui se caractérise notamment par de plus fréquentes sécheresses.

Quelque 6.000 délégués représentant 189 pays et des organisations de défense de l'environnement participent à cette réunion, qui se déroule au quartier général des Nations unies dans la capitale kényane jusqu'au 17 novembre. Des danseurs kényans, la tête coiffée de plumes et de peau de moutons, et la taille habillée d'un pagne rouge caractéristique des Masai, ont ouvert les cérémonies, avant que M. Awori ne prenne la parole.

"Le changement climatique émerge rapidement comme étant l'une des menaces les plus graves à laquelle l'humanité ait jamais été confrontée", a lancé M. Awori.

"Les économies sub-sahariennes sont les plus touchées", a-t-il souligné, rappelant que "plus de 70% de nos populations vivent dans les campagnes" et dépendent donc de l'agriculture. "Le changement climatique affectera leurs économies", a-t-il prévenu, estimant que "nous avons une grande tâche devant nous" pour lutter contre le réchauffement de la planète.

Selon un rapport publié fin octobre par l'économiste britannique Sir Nicolas Stern, le réchauffement climatique pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 7.000 milliards de dollars (5.500 milliards d'euros) si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales dans les dix prochaines années.

Le ministre kényan de l'Environnement, Kivutha Kibwana, qui a été élu président de la conférence de Nairobi, a fixé plusieurs objectifs aux participants: il a notamment appelé les pays développés à prendre de "nouveaux engagements" pour réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre (GES), principaux responsables du changement climatique.

La réunion de Nairobi englobe la 12e conférence des parties à la convention-cadre sur les changements climatiques de l'ONU, adoptée en 1992 et à laquelle adhèrent 189 des 192 Etats membres des Nations unies, et la deuxième réunion des parties au protocole de Kyoto, conclu en 1997 et entré en vigueur en 2005.

Le protocole de Kyoto, qui complète la convention, ne vise que 35 pays industrialisés et l'Union européenne. Sur la période 2008-2012 actuellement couverte par le protocole, ces pays - qui représentent un tiers environ des émissions mondiales - sont tenus collectivement de réduire de 5% leurs émissions de GES par rapport à 1990.

Les Etats-Unis, qui dégagent un tiers des émissions, et l'Australie, n'ont pas ratifié le protocole: ce sont les seuls gros pays indutrialisés à ne être pas tenus à la réduction des GES.

La Chine et l'Inde, gros pollueurs, ne sont pas soumis, en tant que pays en développement, à des quotas sur les émissions de GES dans le cadre du protocole de Kyoto.

Lors de la conférence de Nairobi, les délégués procéderont notamment à l'examen du respect du protocole de Kyoto par les parties et d'une proposition d'amender la liste des pays qui ont des engagements relevant du protocole.

L'urgence est aujourd'hui notamment de convaincre les économies émergentes de participer aux efforts de lutte contre le réchauffement de la planète, selon des experts.

"On n'a pas d'obligations de réduction. Mais si on doit un jour diminiuer nos émissions de GES, il y a un surcoût et on ne doit pas compromettre notre développement, donc nous avons besoin d'aide", a déclaré à l'AFP Bougonou Djeri-Alassani, directeur de l'environnement pour le Togo, qui participe à la conférence.