L'Institut français de Kinshasa, dépendant de l'ambassade de France en République démocratique du Congo (RDC), a annulé la conférence de presse que le gynécologue congolais Denis Mukwege devait donner lundi matin dans ses locaux, a annoncé le cinéaste belge Thierry Michel, co-auteur d'un film consacré à l'action du médecin. 

Le docteur Mukwege avait été invité par l'ambassade de France afin de présenter mercredi ce film - intitulé "L'homme qui répare les femmes" - La colère d'Hippocrate" et réalisé par Thierry Michel et la journaliste Colette Braeckman. 

Arrivé dimanche à Kinshasa après une tournée en Suisse et en France, il devait donner une conférence de presse lundi à 11h00 à l'Institut français (Halle de la Gombe) pour présenter cet évènement.

Mais le médecin, lauréat du Prix Sakharov, a appris que cette conférence de presse "était annulée par l'Institut français", a indiqué le cinéaste à l'agence Belga.

Le directeur n'a pas souhaite en donner les motifs, mais il est évident que cela fait suite à des pressions exercées par les autorités congolaises, a ajouté Thierry Michel.

Son film avait été interdit en RDC entre septembre et octobre derniers, sous prétexte que ce documentaire - récompensé par plusieurs prix internationaux - témoignait d'une "volonté manifeste de nuire" à l'armée congolaise et de "salir" son image.

Selon Thierry Michel, les "services" (gouvernementaux congolais) sont très agacés par les débats auxquels le Dr Mukwege a participé en Europe et en particulier par son intervention devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève sur la question des viols et massacres en RDC et de l'impunité dont bénéficient les "présumés" criminels.