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International

Le Hamas entrouvre la porte

Renée-Anne Gutter

Publié le - Mis à jour le

Correspondant à Jérusalem

Israël s’est montré optimiste mardi quant aux progrès enregistrés dans son dialogue bilatéral avec l’Egypte, espérant qu’une issue satisfaisante dans les prochains jours lui évite de passer à l’invasion ultime de Gaza. Mais la voie du Hamas est restée incertaine, laissant la porte ouverte aux développements militaires.

Le dialogue d’Israël avec l’Egypte, rappelons-le, porte essentiellement sur la future neutralisation des tunnels de contrebande des Gazaouis sous la frontière égyptienne. Une neutralisation qu’Israël veut efficace et durable pour empêcher le réarmement du Hamas et des autres milices sur place. Il exige donc une surveillance égyptienne nettement plus active et déterminée que par le passé. Or, le "triumvirat" Olmert-Barak-Livni estimait, mardi, être en bonne voie d’obtenir la promesse d’un resserrement égyptien à cette frontière. Un resserrement sécuritaire qui serait consolidé par un "parapluie" américain sous la forme d’experts, technologies ou aides financières à l’Egypte.

Si une telle garantie est acquise, Israël pourrait stopper ses hostilités. Et si le Hamas stoppe alors les siennes, Israël pourrait se retirer de Gaza. Des tractations devraient s’ouvrir ensuite, via médiation étrangère, pour établir les modalités d’une trêve durable, dont la levée du blocus qu’Israël impose depuis un an et demi à Gaza.

Cependant, le dialogue Egypte-Hamas est laborieux. Une délégation du Hamas est revenue au Caire, mardi, après consultation avec sa direction à Damas, et a transmis des réponses réservées. A la déception avouée du Caire. Mais le Hamas se dit au moins prêt à donner "une chance" à l’élaboration d’un cessez-le-feu, alors qu’il en rejetait la possibilité jusqu’ici.

Terminal de Rafah

Tout d’abord, pas question pour le Hamas de négocier un "armistice" durable. Si trêve il faut, alors uniquement pour six mois, un an maximum. Perspective irrecevable aux yeux d’Israël. Plus immédiatement, le Hamas maintient son refus de baisser les armes avant Israël et avant que le dernier soldat israélien ne soit ressorti de Gaza. Mais la levée du blocus israélien ne serait plus une condition préalable à l’arrêt des tirs palestiniens sur Israël.

Par ailleurs, s’il refusait jusqu’à présent le déploiement d’une force internationale à sa frontière avec l’Egypte, il n’y exclurait plus une présence turque. Le Premier ministre turc en a récemment fait la proposition à Damas.

Et il y a l’épineux problème du terminal de Rafah à la frontière avec l’Egypte. Un problème politico-administratif, indépendant de la problématique sécuritaire qui concerne le reste de la frontière où s’étendent les tunnels de contrebande. Avant le putsch islamiste à Gaza, le terminal palestinien était contrôlé et géré par l’Autorité palestinienne du président Abbas, avec supervision douanière de l’Europe (Eubam) et surveillance israélienne à distance.

Lors de son putsch en juin 2007, le Hamas avait pris possession du terminal et en avait chassé l’Autorité palestinienne. L’Egypte a aussitôt fermé sa frontière et l’Eubam a quitté les lieux. Depuis lors, le terminal est fermé.

Aujourd’hui, dans le cadre d’une levée globale du blocus de Gaza, le Hamas insiste aussi sur la réouverture du terminal de Rafah, mais en y gardant sa propre mainmise. Or, l’Egypte est uniquement prête à le rouvrir si c’est l’Autorité palestinienne qui s’y réinstalle. Ce que le Hamas refuse. Et s’il devait s’ouvrir à une collaboration avec l’Autorité palestinienne au terminal, ce serait M. Abbas qui refuserait.

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