Le groupe islamiste Hamas, qui devrait remporter un grand nombre de sièges dans le futur parlement palestinien, campe sur ses positions et rejette avec force tout désarmement et toute négociation avec Israël.

«Les Européens et les Américains affirment que le Hamas doit avoir soit les armes, soit le Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement). Mais nous disons, +les armes et le Conseil législatif+ », a affirmé Ismaïl Haniyeh aux journalistes, après avoir voté mercredi dans le quartier de Chatti, à Gaza ville.

«Ce n’est pas en contradiction », a-t-il ajouté.

Selon un sondage publié mardi, le Hamas devrait obtenir 54 sièges au Parlement lors de ces législatives contre 59 pour le parti au pouvoir Fatah.

Tout au long de la campagne électorale, la tête de liste du parti islamiste, qui prône dans sa charte la destruction d’Israël, a répété que son mouvement poursuivrait la lutte armée pour libérer la «Palestine historique », les territoires palestiniens et Israël.

«Le problème n’est pas le Hamas, ni le peuple palestinien, ni la résistance, mais la poursuite de l’occupation israélienne (...) qui prive les Palestiniens de leurs droits », a-t-il insisté.

Le Hamas, fondé au début de l’année 1988 peu après le déclenchement de la première Intifada par Ahmed Yassine, figure sur les listes des organisations terroristes des Etats-Unis et de l’Union européenne.

Les pays occidentaux voient d’un mauvais oeil l’entrée au Parlement, voire même au gouvernement, du groupe responsable de la plupart des attaques anti-israéliennes depuis cinq ans.

L’administration américaine a fait savoir qu’elle ne traiterait pas avec lui alors que l’UE a indiqué qu’elle réévaluerait ses relations avec l’Autorité palestinienne, notamment ses aides financières, en cas de victoire du groupe islamiste.

«Au lieu d’exercer des pressions sur le Hamas, ils devraient exercer des pressions sur (Israël) pour rendre leurs droits aux Palestiniens », leur a répondu mercredi M. Haniyeh.

Le très médiatique Mahmoud Zahar, candidat du Hamas, a quant à lui affirmé que le mouvement ne négocierait pas avec Israël, repoussant un peu plus les espoirs d’une reprise des négociations de paix, au point mort depuis le début de la deuxième Intifada en septembre 2000.

«Les négociations ne sont pas notre objectif. Israël n’a rien à offrir aux Palestiniens », a-t-il dit lui aussi après avoir voté à Gaza.

«Nous allons d’abord chercher à établir un Etat palestinien sur toutes les terres que l’on pourra récupérer sans faire de concession sur la Palestine historique », a-t-il ajouté.

Moins catégorique la veille, il avait indiqué que des négociations avec l’Etat hébreu n’étaient pas «interdites », évoquant même la possibilité de l’entremise d’une tierce partie pour discuter.

M. Zahar, candidat en neuvième position sur la liste du Hamas, a également répondu aux détracteurs du groupe, principalement le Fatah au pouvoir, qui n’ont eu cesse de répéter que les islamistes avaient un double discours, celui adouci pour l’étranger et un autre plus radical pour ses électeurs.

«Nous n’allons changer aucun mot de la charte (...) et nous appliquerons notre programme politique au cours des quatre prochaines années », a-t-il insisté.

Quant à l’entrée au gouvernement palestinien, la porte reste ouverte. Après les élections, «des discussions auront lieu avec toutes les parties palestiniennes afin d’établir une position commune », a assuré M. Zahar.