Un dirigeant du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a annoncé à Damas que son mouvement était prêt à discuter avec la "communauté internationale" d'une trêve avec Israël, dans une déclaration mercredi.

Une trêve entre le Hamas et Israël "constitue toujours une option et nous pourrions en discuter avec la communauté internationale", a dit M. Abou Marzouk, membre du bureau politique du mouvement radical qui a remporté les élections législatives du 25 janvier.

"Depuis mars, le Hamas respecte (la trêve) et continue de la respecter jusqu'à maintenant", a-t-il affirmé.

"Qu'a fait Israël?", s'est interrogé M. Abou Marzouk. "Les assassinats et les dévastations (des terres palestiniennes) n'ont pas cessé. Pourquoi la communauté internationale ne demande-t-elle pas à Israël de reconnaître" le Fatah", a-t-il poursuivi M. Abou Marzouk a également rejeté toute condition pour former un nouveau gouvernement.

"Il n'est pas raisonnable qu'un responsable arabe ou palestinien épris de paix et de démocratie impose des conditions au peuple palestinien. Ceci signifie qu'on demande au Hamas de renoncer à ses principes et ceci est une chose difficile", a déclaré M. Abou Marzouk.

Il réagissait à des propos du chef des Renseignements égyptiens, Omar Souleiman, selon lequel le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ne chargera le Hamas de former le gouvernement que si le groupe islamiste reconnaît Israël et renonce à la violence.

Selon M. Souleiman, "le Hamas doit s'engager sur trois points". "Un, stopper la violence. Deux, cela doit être une doctrine pour eux d'être engagés par tous les accords signés avec Israël. Trois, ils doivent reconnaître Israël", a déclaré M. Souleiman à la presse au Caire.

"Le peuple palestinien nous a choisis sur notre programme et nous nous devons d'appliquer ce programme", a souligné pour sa part M. Abou Marzouk.

Selon lui, c'est à "la communauté internationale de réclamer l'arrêt des agressions israéliennes contre le peuple palestinien".

M. Abou Marzouk, ainsi que le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, résident pour la plupart du temps en Syrie. Le Hamas a écrasé le Fatah aux élections législatives du 25 janvier, obtenant 74 sièges sur les 132 du Parlement contre 45 pour le mouvement de M. Abbas, qui a régné sans partage pendant une décennie sur les institutions de l'Autorité palestinienne.