L'exclusion du Honduras a été approuvée par 33 des 34 membres de l'OEA lors de l'Assemblée générale extraordinaire de l'organisation à son siège de Washington par le vote d'une résolution. Le geste de l'OEA découle directement de l'application de l'article 21 de la Charte de l'organisation qui stipule que la suspension d'un pays-membre peut intervenir dès lors qu'il y a eu "interruption inconstitutionnelle de l'ordre démocratique d'un Etat membre et que les démarches diplomatiques se sont révélées infructueuses."

La résolution appelle le Honduras dans son deuxième point à "continuer à remplir ses obligations comme membre de l'organisation, en particulier en ce qui concerne les droits de l'homme". Dans son quatrième point, le texte encourage également "les Etats-membres de l'OEA et les organisations internationales de revoir leurs relations avec le Honduras".

C'est la première fois depuis 1962 et l'exclusion de la Cuba de Fidel Castro pour adhésion au bloc sino-soviétique que l'OEA suspend un de ses membres.

Leur exclusion de l'OEA isole encore un peu plus les nouvelles autorités du Honduras. Le président provisoire Roberto Micheletti et les siens étaient déjà condamnés par l'ONU, l'UE et la plupart des pays d'Amérique centrale. Plus aucun ambassadeur européen n'est en poste à Tegucigalpa. La Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont confirmé le gel de leurs lignes de crédit. Un total de 300 à 450 millions de dollars d'aide internationale seraient gelés.

Dans le même temps, M. Zelaya sort renforcé auprès de la communauté internationale. Il a annoncé son intention de rentrer dans son pays dimanche.

A son arrivée au siège de l'OEA, il s'est dit optimiste à la veille de son retour annoncé dans son pays, parce que "tout le monde condamne le coup d'Etat" qui l'a chassé de la présidence du Honduras, il y a une semaine, laissant entendre qu'il s'attendait à être favorablement accueilli lors de son retour.

La tâche s'annonce ardue. Le Secrétaire général de l'OEA, Jose Miguel Insulza, a admis craindre pour la sécurité de M. Zelaya s'il entreprenait un tel voyage, interprétant ainsi la menace d'une arrestation "immédiate" proférée par les nouvelles autorités si M. Zelaya retournait dans son pays.