Le journaliste japonais tué d'une balle dans le coeur jeudi pendant la répression des manifestations en Birmanie a été jeté à terre par des soldats et tué à bout portant, affirme vendredi la chaîne de télévision Fuji TV, images à l'appui. La chaîne a diffusé des images montrant des soldats chargeant contre des manifestants dans les rues de Rangoun.

Soudain, un militaire casqué projette à terre un homme présenté comme étant le journaliste japonais Kenji Nagai, qui porte un bermuda et des sandales. L'image est alors brièvement masquée par des arbres. On voit ensuite l'homme identifié comme M. Nagai étalé sur le dos et empoignant de la main gauche sa caméra vidéo, puis une forte détonation retentit pendant que le soldat pointe son fusil juste au-dessus de l'homme à terre. Le militaire repart ensuite en pourchassant des manifestants.

Selon Fuji TV, ces images prouvent que M. Nagai a été tué délibérément et n'a pas été victime d'une balle perdue. "Ce soldat a probablement d'abord poussé M. Nagai. Puis il lui a tiré dessus, à en juger par l'angle de son fusil", a affirmé un ancien membre des forces spéciales de la police, Koichi Ito, interrogé par la chaîne.

Le gouvernement japonais a précisé vendredi que, selon le médecin de l'ambassade du Japon en Birmanie, la balle qui a tué M. Nagai lui a transpercé le coeur avant de ressortir par le dos. Tokyo a déploré la mort du journaliste et annoncé qu'il formulerait une protestation, mais a exclu de couper son aide humanitaire à la Birmanie. Employé par l'agence audiovisuelle japonaise APF News, Kenji Nagai, 50 ans, était un habitué des zones de conflit. Il est le premier étranger à trouver la mort lors des manifestations en Birmanie.