Le majordome du pape, arrêté le 23 mai pour des fuites de documents confidentiels de Benoît XVI, n'est pas "un bouc-émissaire", contrairement à la thèse que cherche à accréditer une partie de la presse italienne, a affirmé lundi le porte-parole du Saint-Siège.

La thèse selon laquelle Paolo Gabriele ne serait qu'un bouc-émissaire "ne correspond pas du tout à la réalité", a insisté lors d'un point de presse le père Federico Lombardi.

Selon certains journaux italiens, Gabriele n'aurait été qu'un exécutant dans la cadre d'un plus grand complot et pourrait avoir été manipulé par des personnalités hauts placées de l'Eglise.

Gabriele est accusé de "vol aggravé" pour avoir pris sur le bureau de son supérieur hiérarchique, Mgr Georg Gänswein, secrétaire particulier du pape, de nombreux messages, lettres et mails ultra-secrets, dont certains adressés à Joseph Ratzinger lui-même, et de les avoir photocopiés en secret pour les transmettre à l'extérieur du Vatican.

Le porte-parole a fait le point sur les investigations sans faire de révélations, soulignant que la reprise formelle des interrogatoires de Gabriele, toujours le seul placé sous enquête, n'était pas prévue avant plusieurs jours.

"La reprise des interrogatoires n'est pas imminente. L'étude de matériels utiles à l'enquête se poursuit. Il y a une certaine lenteur qui est aussi de la part du Saint-Siège une démonstration de scrupule. Il s'agit de passer d'une étape à l'autre avec sérieux", a-t-il dit.

Le porte-parole a démenti les "chiffres" donnés dans la presse italienne, qui affirme que deux cardinaux, quatre ou cinq laïcs travaillant au Vatican et un journaliste feraient aussi l'objet d'une enquête dans cette affaire de fuite de documents sans précédent.

"Ce n'est pas vrai, je n'ai pas à confirmer de telles informations", a-t-il dit, recommandant la "prudence" face aux nouvelles nombreuses qui circulent dans les médias.

Le père Lombardi a aussi récusé le "mythe qui veut que le Vatican ne veuille pas collaborer" avec la justice italienne.

Quand il y a des commissions rogatoires de la justice italienne, "il n'est pas vrai qu'il n'y ait pas disponibilité à collaborer. Le tribunal du Vatican met un point d'honneur à y répondre", a-t-il assuré.