Il fallait y penser. Osons même dire qu’il fallait disposer d’une sacrée dose de créativité.

Mais c’est à peu près tout.

Car après avoir réinventé les pique-niques sauvages, la prise de la Bastille, le temps des cathédrales assiégées, les opposants au mariage gay auront sorti un nouveau concept de leur boîte à idées : "le Tour de France pour Tous".

Les premiers messages publiés par les organisateurs furent d’emblée rassurants : pas question de voir Frigide Barjot grimper sur une bécane, pas question de brandir l’épouvantail de Pierre Berger ou de voiler la roue de prétendus coureurs gays.

Non. Place à la fête, aux drapeaux colorés, à la manifestation "positive".

Mais six jours après son lancement, le "Tour de France pour tous" n’aura jusqu’ici accouché que d’étapes totalement plates.

Pas la moindre échappée marquante, pas la moindre chute (disons-le en voyou avoué, c’est parfois le seul espoir de la chute massive qui nous retient devant notre télé), pas la moindre envolée : le "Tour de France pour tous" ressemble un peu à un flop qui n’attend même pas la fin de l’épreuve pour échouer.

Car, avec tout le respect dû aux 1700 abonnés Twitter suivant avec une passion teinte d’anxiété, les clichés des actions menées le long des routes du Tour, la "manif" ne pouvait pas marcher.

Déja "racketté" par tous les maires de villages et tous les anciens ministres en mal de notoriété, la plus grande épreuve cycliste se méfie comme de la peste des questions politiques. Avec la question dopage, le Tour a déjà ses emmerdes. Qu’on lui fiche la paix…

Un commentaire de Thibaut Roland.