Les réactions affluent aux quatre coins du globe pour saluer la mémoire d'Hugo Chavez. Toute l'Amérique latine évoque un leader important pour l'histoire du sous-continent. Certains pleurent un ami, d'autres perdent un allié.

Au Vénézuela

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne Henrique Capriles Radonski a appelé mardi les Vénézuéliens à "l'unité" après la mort du président Hugo Chavez des suites d'un cancer et assuré de sa "solidarité" la famille du président sur son compte Twitter.

"Ma solidarité à toute la famille et aux partisans du président Hugo Chavez, nous plaidons pour l'unité des Vénézuéliens", a déclaré le gouverneur du riche Etat de Miranda (nord) sur le site de micro-blogs.

Battu par Hugo Chavez à la présidentielle d'octobre, M. Capriles, 40 ans, devrait endosser le rôle de candidat naturel de l'opposition pour les élections anticipées qui devront être organisées dans les 30 jours, selon la Constitution.

"Dans des moments difficiles, nous devons démontrer notre amour et notre respect profond à notre Venezuela ! Unité de la famille vénézuélienne !", a insisté le gouverneur.

En Amérique latine

Le président bolivien Evo Morales salue la mémoire d'Hugo Chavez (afp.com)

Trois des principaux alliés latino-américains du Venezuela - l'Equateur, la Bolivie et le Nicaragua - ont salué mardi la mémoire du président Hugo Chavez, qualifié d'"homme exceptionnel" dont "la perte est irréparable" pour l'Amérique latine.

Le gouvernement du président socialiste de l'Equateur Rafael Correa a fait part de son "profond chagrin" après l'annonce de sa mort des suites d'un cancer, affirmant qu'il avait été le "chef de file d'un mouvement historique" et un "révolutionnaire mémorable".

"Devant cette perte irréparable qui endeuille le peuple vénézuélien et toute la région", l'Equateur exprime "son amitié spéciale qui l'unit au Venezuela", affirmant que l'action de M. Chavez permettra de continuer à "renforcer les liens entre les deux pays et l'intégration latino-américaine", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le président bolivien Evo Morales, au bord des larmes, s'est lui dit "anéanti par le décès du frère Hugo Chavez", depuis le palais présidentiel à La Paz. Il a indiqué qu'il se rendrait au Venezuela dans les prochaines heures, Le président bolivien a ensuite appelé à la poursuite du "processus de libération, non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple latino-américain".

Le gouvernement du Nicaragua, enfin, également membre comme les deux pays andins de l'Alliance bolivarienne des Amériques (Alba), inspirée par M. Chavez, a estimé que "les hommes exceptionnels et formidables comme Hugo Chavez ne meurent jamais".

Le président Daniel Ortega dirigera un hommage mardi soir, sur la place de la Révolution à Managua. Le Venezuela de Chavez est le principal allié du Nicaragua, à qui il a alloué deux milliards de dollars en coopération entre 2007 et 2011, selon des chiffres officiels.

Dilma Rousseff: "Perte irréparable d'un ami du Brésil"

Dilma Rousseff, présidente du Brésil (AFP)

La présidente du Brésil Dilma Rousseff a déploré mardi la mort du président vénézuélien Hugo Chavez, évoquant "la perte irréparable d'un grand Sud-américain" et "ami du Brésil".

"Le gouvernement brésilien n'a pas toujours été intégralement d'accord avec le président Chavez mais sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil et du peuple brésilien", a déclaré Mme Rousseff lors d'une réunion publique.

Hugo Chavez est décédé mardi à Caracas à 58 ans des suites d'un cancer diagnostiqué en juin 2011, mettant un point final à 14 années de pouvoir sans partage et ouvrant la voie à des élections anticipées d'ici 30 jours.

La présidente brésilienne a encore rendu hommage à un "grand leader engagé dans le développement de son pays et des pays du continent" et fait respecter une minute de silence lors d'une réunion avec des leaders paysans.

La disparition du leader bolivarien, allié du régime communiste de Cuba, "va laisser un grand vide dans l'histoire et dans les luttes de l'Amérique latine", a encore déclaré la présidente brésilienne de gauche.

Peu avant ces déclarations, le présidence brésilienne avait annoncé sur son compte twitter l'annulation d'un voyage de Mme Rousseff en Argentine, prévu jeudi, en raison de l'annonce du décès du président Chavez, qui a succombé à un cancer.

L'ex-président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, issu du même Parti des travailleurs (PT, gauche) que Mme Rousseff, a exprimé sa "tristesse", saluant les luttes du président Chavez "pour un monde plus juste".

"C'est avec une grande tristesse que j'ai appris la mort du président Hugo Chavez. Je me sens orgueilleux d'avoir (...) travaillé avec lui pour l'intégration de l'Amérique latine et pour un monde plus juste", a déclaré l'ex-président brésilien.

"J'ai confiance dans le fait que son amour de la patrie et son engagement pour la cause des plus défavorisés continuera d'illuminer le futur du Venezuela", a ajouté Lula, un ancien ouvrier syndicaliste qui a présidé le plus grand pays d'Amérique latine entre 2003 et 2010.

La Colombie salue le rôle de Chavez dans les négociations avec les Farc

Juan Manuel Santos, président de la Colombie (AFP)

Le président de Colombie, Juan Manuel Santos, a exprimé son "profond regret" pour la mort du président vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi des suites d'un cancer, rappelant qu'il avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla des Farc.

"Si nous avons avancé dans ce processus de paix solide, c'est aussi grâce au dévouement et à l'engagement sans limite du président Chavez et du gouvernement du Venezuela", a déclaré M. Santos, dans une allocution télévisée depuis le palais présidentiel.

Le dirigeant vénézuélien, l'un des chefs de file de la gauche latino-américaine, était considéré comme un des artisans du rapprochement entre la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le gouvernement de Bogota.

Ces contacts avaient débouché sur l'ouverture de négociations qui se déroulent depuis novembre dernier à Cuba, dans l'espoir de mettre fin à près d'un demi-siècle de conflit.

Le président Santos a en outre assuré le Venezuela du soutien de la Colombie pour une "transition démocratique, dans la paix et la tranquillité" au Venezuela.

La ministre colombienne des Affaires étrangères Maria Angela Holguin a également exprimé une "profonde tristesse" après la mort de M. Chavez, soulignant qu'il avait constitué "un appui très important pour notre processus de paix".

La guérilla des Farc, la plus ancienne rébellion d'Amérique latine, avait elle aussi rendu hommage à plusieurs reprises au rôle joué par le président vénézuélien dans le cadre des négociations avec le gouvernement colombien.

Dans un communiqué publié mardi sur son site internet, les Farc ont réagi à la mort de M. Chavez en affirmant qu'il occupait "une place d'honneur dans l'histoire du Venezuela".

"Il a montré le chemin de l'indépendance, de la démocratie et de la justice" pour "tous les peuples opprimés du monde", a ajouté l'insurrection colombienne.

Pérou: le président exprime sa "profonde douleur"

Le président péruvien Ollanta Humala a fait part de sa "profonde douleur" et envoyé ses condoléances à la famille et "au peuple frère vénézuélien", après l'annonce de la mort du président vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi des suites d'un cancer.

"Je veux exprimer notre profonde douleur auprès du peuple frère du Venezuela et embrasser avec force la famille de l'ami Hugo Chavez" a déclaré le président péruvien, faisant part de sa "solidarité bolivarienne, sud-américaine et latino-américaine".

Depuis le palais présidentiel, M. Humala a souhaité en "ces moments difficiles que traversent les proches du président décédé et les Vénézuéliens en général, l'unité et la réflexion, et que les choses puissent se dérouler de manière pacifique et démocratique".

"Nous voulons nous solidariser avec le peuple vénézuélien et la famille de l'ami Hugo Chavez", a-t-il ajouté.

Ollanta Humala, un ancien militaire entré en politique comme Hugo Chavez, était proche du chef de l'Etat vénézuélien, qui l'avait soutenu lorsqu'il se présenta pour la première fois aux élections de 2006 et où il fut battu par l'ex président centriste Alan Garcia.

En revanche lors des élections de 2011, qu'il devait remporter, le mandataire péruvien s'était éloigné du discours politique chaviste.

Le président chilien évoque "un homme profondément engagé dans l'intégration de l'Amérique latine"

Sebastian Pinera, président du Chili, salue la mémoire de Chavez (AFP)

Le président du Chili, Sebastian Pinera, a qualifié le président Hugo Chavez de "leader profondément engagé dans l'intégration de l'Amérique latine".

"Nous avions des différences mais j'ai toujours su apprécier la force, l'engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées" a déclaré le président chilien, qui a présenté ses condoléances à la famille du président décédé et au pays.

M. Pinera a notamment souligné le rôle joué par le président vénézuélien dans la création de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l'entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 sous l'impulsion d'Hugo Chavez et dont le premier sommet s'est déroulé à Santiago le 28 janvier, en son absence.

Le président chilien a indiqué qu'à cette occasion le président Chavez lui avait adressé une lettre "qui semble maintenant un testament" où "il nous disait pourquoi nous devions lutter pour l'intégration de l'Amérique Latine".

"Il nous a laissé sa vision de ce que nous devions faire à l'avenir", a déclaré le président chilien, ajoutant "qu'aujourd'hui alors qu'il n'est plus auprès de son peuple, nous voulons exprimer nos plus profondes condoléances et lui dire qu'après une bataille si dure et difficile pour sa vie, enfin il repose en paix".

Cuba en état de choc

Les Cubains ont appris mardi avec consternation et inquiétude la mort du président vénézuélien Hugo Chavez, le principal allié politique et économique du régime communiste cubain.

La télévision cubaine a brièvement interrompu ses émissions enfantines de l'après-midi pour diffuser les images du vice-président vénézuélien Nicolas Maduro annonçant au bord des larmes la mort d'Hugo Chavez.

Deux heures plus tard, le programme phare d'information de la télévision cubaine, la Mesa Redonda (Table ronde), diffusait à partir de 19h00 (00h00 GMT mercredi) une série de réactions sur la mort du président vénézuélien.

A l'exception notoire de celle des autorités cubaines, qui n'avaient pas officiellement réagi plus de deux heures après l'annonce du décès d'Hugo Chavez, hospitalisé durant deux mois à Cuba, avant son retour à Caracas à la mi-février.

Avant les programmes télévisés, la nouvelle avait rapidement parcouru les rues de La Havane : Hugo Chavez, le "fils spirituel" de Fidel Castro, est mort.

"Tout ça va être très difficile", glissait avec inquiétude à l'AFP Ramon Fernandez, un gardien de nuit de 58 ans du quartier de Santos Suarez, dans le centre de la capitale cubaine.

"C'est terrible, c'est terrible, il faut se mettre en deuil tout de suite", soufflait avec émotion Francisco Bermudez, 93 ans, qui a combattu avec les rebelles de Fidel Castro dans les années cinquante contre la dictature de Fulgencio Batista.

"C'est très triste, je l'admirais beaucoup, surtout pour le courage avec lequel il a affronté la maladie", confiait à l'AFP Maria Cruz, une retraitée de 57 ans, les yeux rivés sur sa télévision retransmettant les images de Caracas.

Les médias cubains, tous sous contrôle des autorités, ont rapidement rapporté sur leurs sites internet l'intervention du vice-président vénézuélien, sans autre commentaire.

Principal partenaire commercial de Cuba, le Venezuela lui fournit également une assistance pétrolière importante et accueille 40.000 professionnels cubains des services de la santé, ce qui constitue le premier poste de revenus en devises de Cuba.

Deuil national en Haïti, Martelly pleure la mort d'un frère

Le président haïtien Michel Martelly a décrété mercredi trois jours de deuil national au lendemain de la mort du président vénézuélien Hugo Chavez qu'il a présenté comme "un frère plus qu'un ami".

"Le président Hugo Chavez était l'un des plus grands supporteurs que Haïti ait jamais connu. Il n'a jamais raté une occasion pour rappeler son amour pour Haïti. Il était plus qu'un ami, mais un frère", a déclaré Michel Martelly depuis le palais présidentiel en présence de tout le gouvernement et de l'ambassadeur du Venezuela à Port-au-Prince.

M. Martelly a signé mardi un arrêté pour mettre les drapeaux haïtiens en berne sur les édifices publics et il a recommandé de fermer les salles dansantes appelant les médias à diffuser de la musique de deuil.

M. Martelly a indiqué qu'il se rendrait à Caracas ainsi que le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères pour assister aux funérailles de M. Chavez.

Michel Martelly dont l'intervention a été diffusée en direct sur la télévision nationale, a expliqué combien le président Hugo Chavez avait "aidé et surtout protégé Haïti".

"C'est le minimum que Haïti peut faire face à cette perte. Chaque Haïtien sait ce que Chavez a fait pour Haïti. J'ai une admiration personnelle pour lui", a pour sa part indiqué le Premier ministre Laurent Lamothe.

Haïti bénéficie du programme PetroCaribe qui lui permet d'acheter du pétrole vénézuélien à un prix préférentiel et reçoit des fonds qui financent des programmes sociaux et de construction dans le pays frappé par un violent séisme en 2010.

Le président socialiste vénézuélien avait à cette occasion annulé la dette d'Haïti contractée dans le cadre de ce programme de coopération énergétique.

Partout dans le monde...

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies (AP)

L'hommage de Ban Ki-moon

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rendu hommage au président vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi, soulignant qu'il s'était efforcé de "répondre aux aspirations et aux défis des plus vulnérables" dans son pays.

Hugo Chavez a "donné un élan décisif à de nouveaux mouvements d'intégration régionale, en se fondant sur une vision éminemment latino-américaine, tout en montrant sa solidarité avec les autres nations de l'hémisphère", a noté M. Ban. Il a aussi salué "sa contribution essentielle aux négociations de paix" en Colombie entre le gouvernement et les FARC.

M. Ban a "renouvelé l'engagement de l'ONU à travailler avec le gouvernement et le peuple vénézuéliens en faveur du développement et de la prospérité" du pays, conclut le communiqué de l'ONU.

Obama affirme le soutien américain au Venezuela

Le président Barack Obama a affirmé mardi que les Etats-Unis soutenaient les Vénézuéliens après la mort de leur dirigeant Hugo Chavez, et espéré des "relations constructives" avec le futur gouvernement du Venezuela dans un "nouveau chapitre" de son histoire.

"En ce moment difficile de la mort du président Hugo Chavez, les Etats-Unis renouvellent leur soutien aux Vénézuéliens et leur intérêt à développer des relations constructives avec le gouvernement vénézuélien", a déclaré M. Obama dans un communiqué.

"Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme", a conclu le dirigeant américain.

Le dirigeant disparu était une figure hautement controversée aux Etats-Unis, pays qu'il pourfendait à longueur de discours sans avoir toutefois jamais cessé de le livrer en pétrole.

Barack Obama (afp.com)

Le Canada évoque "un avenir meilleur"

Le décès du président Hugo Chavez ouvre une période de transition qui doit permettre aux Vénézuéliens d'accéder à "un avenir meilleur et plus prometteur", a déclaré mardi le Premier ministre canadien Stephen Harper.

"J'aimerais transmettre mes condoléances à la population vénézuélienne à la suite du décès du président Chavez", a dit M. Harper dans un communiqué.

"Le Canada compte travailler avec la personne qui lui succédera ainsi qu'avec d'autres dirigeants de la région en vue de rendre (l'Amérique du Sud) plus prospère, plus sûre et plus démocratique", a-t-il ajouté.

"En cette période de transition, j'espère que la population du Venezuela sera maintenant en mesure de se créer un avenir meilleur et plus prometteur selon les principes de liberté, de démocratie, de primauté du droit et du respect des droits de la personne", a souligné le Premier ministre canadien.

Le chef de la diplomatie britannique "attristé"

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague s'est déclaré "attristé", mardi, par la mort du président vénézuélien Hugo Chavez.

"J'ai été attristé d'apprendre aujourd'hui le décès du président Hugo Chavez", a déclaré M. Hague dans un communiqué publié par le Foreign Office. "En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà", a-t-il poursuivi.

Hollande salue un homme qui a "profondément marqué l'histoire de son pays"

François Hollande, président français (afp.com)

Le président François Hollande a estimé mercredi que le défunt président vénézuélien Hugo Chavez,avait "profondément marqué l'histoire de son pays". Dans un communiqué de l'Elysée, M.Hollande fait part de ses "condoléances les plus attristées au peuple vénézuélien".

"A la tête de l'Etat depuis 1999", le président vénézuélien "aura profondément marqué l'histoire de son pays", déclare M.Hollande.

"Le Président défunt exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement", poursuit le communiqué. "Je suis convaincu que le Venezuela saura surmonter cette épreuve dans la démocratie et l'apaisement", conclut le président français.

Reynders présente ses condoléances

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a appris "avec regret" le décès du président vénézuélien Hugo Chavez, a-t-il fait savoir mercredi par communiqué.

Didier Reynders "exprime ses condoléances à la famille du président ainsi qu'au peuple et au gouvernement du Venezuela", peut-on lire dans le communiqué.

Poutine salue "un homme hors du commun"

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié mercredi le président vénézuélien Hugo Chavez, mort mardi à Caracas des suites d'un cancer, d"homme hors du commun et fort qui regardait vers l'avenir".

"C'était un homme hors du commun et fort, qui regardait vers l'avenir et qui était toujours extrêmement exigeant envers lui-même", a déclaré M. Poutine dans un télégramme de condoléances.

...même à Hollywood

Sean Penn en compagnie d'Hugo Chavez (AP)

Le réalisateur américain Oliver Stone, supporteur de longue date d'Hugo Chavez, a qualifié mardi de "grand héros" le président vénézuélien peu après l'annonce officielle de sa mort, estimant qu'il "restera à jamais dans l'Histoire".

"Je pleure la perte d'un grand héros pour la majorité de son peuple et pour tous ceux qui luttent à travers le monde pour avoir une place", a déclaré dans un communiqué le réalisateur de "JFK" et "Tueurs nés".

"Détesté des classes (sociales) bien établies, Hugo Chavez restera à jamais dans l'Histoire", a-t-il estimé, ajoutant à l'égard du dirigeant décédé à l'âge de 58 ans: "Mon ami, repose en paix, (une paix) méritée depuis longtemps".

Oliver Stone est un supporteur de longue date du leader vénézuélien qu'il avait interviewé pour un documentaire paru en 2009 et intitulé "South of the border", mettant en avant le rôle de Chavez dans les changements survenus en Amérique du Sud.

L'acteur engagé Sean Penn, un autre supporteur du président vénézuélien à Hollywood, a également rendu hommage à Chavez, estimant que les personnes pauvres de la planète avaient "perdu un champion" et l'Amérique "un ami qu'elle a toujours ignoré avoir".

"Le Venezuela et sa révolution vont perdurer sous le leadership établi du vice-président (Nicolas) Maduro", a ajouté l'acteur oscarisé, qui avait développé une amitié avec Chavez, lui rendant visite au Venezuela à plusieurs reprises. Hugo Chavez avait lui-même qualifié Sean Penn "d'ami des causes justes".

Hommage du régime syrien à Chavez pour sa solidarité contre le "complot"

Le régime syrien a rendu hommage mercredi à la mémoire du président vénézuélien Hugo Chavez, l'un des seuls dirigeants dans le monde à avoir apporté son soutien à Bachar al-Assad face au soulèvement en Syrie qui s'est transformé en rébellion armée. "Chavez a toujours soutenu les droits légitimes arabes, y compris face au complot contre la Syrie et il avait à maintes reprises exprimé sa solidarité avec la direction et le peuple syriens face à l'attaque impérialiste sauvage", indique l'agence officielle syrienne Sana en annonçant son décès. Le régime qualifie de "complot" le soulèvement qui a débuté mi-mars 2011 et s'est transformé en guerre civile. Le conflit armé a fait plus de 70.000 morts selon l'ONU. Sana souligne que Chavez "avait dénoncé les pressions américaines sur la Syrie" et rappelle que sous sa direction les relations entre les deux pays avaient évolué "dans tous les domaines, au service des intérêts des peuples des deux pays sur la base d'une coopération constructive". En dépit d'un embargo occidental, le Venezuela avait acheminé des produits pétroliers raffinés à la Syrie.

Chavez était pour Pékin un "grand leader et un grand ami"

La Chine a affirmé mercredi qu'elle considérait comme un "grand ami" le chef de l'Etat vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi à Caracas, les deux pays ayant tissé ces dernières années de fortes relations commerciales. "Le président Chavez a été un grand leader du Venezuela ainsi qu'un grand ami du peuple chinois. Il a contribué de façon importante aux relations amicales et fructueuses entre la Chine et le Venezuela", a déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise. Le président chinois Hu Jintao et son successeur annoncé Xi Jinping, chef du Parti communiste chinois (PCC), ont chacun envoyé à Caracas un message de condoléances.

La coopération sino-vénézuélienne a connu un essor impressionnant ces dernières années, avec la signature d'accords portant sur des milliards de dollars d'investissements dans les domaines du pétrole, de l'énergie, de la construction, de l'industrie et des technologies.

Pékin a également accordé une ligne de crédit de 30 milliards de dollars au Venezuela qui, de son côté, fournit 640.000 barils de pétrole par jour aux Chinois, dont 264.000 en paiement de sa dette. Hugo Chavez est mort à 58 ans d'un cancer, après 14 années d'un pouvoir sans partage.