Le pape François a approuvé un second miracle attribué à Mère Teresa, ouvrant la voie à la canonisation l'an prochain de la religieuse qui a consacré sa vie aux pauvres, a annoncé vendredi l'archevêque de Calcutta.

Mère Teresa, célèbre pour son engagement auprès des malades dans la grande cité de l'est de l'Inde, devrait être canonisée le 4 septembre 2016 à Rome dans le cadre du "Jubilé de la miséricorde" qui s'est ouvert le 8 décembre, indique pour sa part le quotidien des évêques italiens, Avvenire.

L'archevêque de Calcutta, Thomas D'Souza, a annoncé que le Vatican avait reconnu que Mère Teresa, par son intercession, avait guéri un Brésilien souffrant de multiples tumeurs au cerveau en 2008.

"J'ai été informé par Rome que le pape François avait reconnu un second miracle attribué à Mère Teresa", a-t-il dit à l'AFP à Calcutta.

Selon Avvenire, la guérison miraculeuse, attribuée à l'intercession de Mère Teresa, a été reconnue lors d'une réunion d'experts convoquée il y a trois jours par la congrégation pour la cause des saints, ouvrant ainsi la route vers une canonisation.

Mère Teresa de Calcutta (1910-1997), née dans une famille albanaise en Macédoine, avait fondé sa propre congrégation en 1950, les Missionnaires de la charité. Elle a consacré sa vie aux pauvres, aux malades et aux mourants pendant plus de 40 ans, notamment à Calcutta (Inde). Elle a obtenu le prix Nobel en 1979.

Cette femme, une des plus connues et des plus populaires dans le monde chrétien, a été béatifiée par Jean-Paul II le 19 octobre 2003 au cours d?une cérémonie à Rome rassemblant 300.000 fidèles.

Sa congrégation "comblée"

Sa congrégation s'est dite "comblée" par cette annonce et reconnaissante envers le pape.

Sunita Kumar, porte-parole de la congrégation qui était très proche de Mère Teresa, a souligné combien la soeur était persuadée que se mettre au service des pauvres était le meilleur moyen de servir Dieu.

"Elle lisait la Bible, bien sûr, mais son engagement principal était de servir les pauvres", a dit Soeur Kumar à la chaîne NDTV. "Regardez le travail qu'elle a accompli, jamais un jour de vacances ni de repos". "Je suis vraiment comblée que cela se produise de mon vivant", a-t-elle ajouté auprès de l'AFP à propos de la canonisation.

Sa canonisation, qui passait par la reconnaissance de deux miracles, pourrait attirer de nouveau des centaines de milliers de fidèles à Rome, dans ce qui devrait être un des grands moments du Jubilé.

En 2002, le Vatican avait reconnu un premier miracle attribué à Mère Teresa, à savoir la guérison un an après la mort de la religieuse d'une jeune femme bengalie de 30 ans, Monika Besra, souffrant d'une tumeur abdominale.

Elle avait été guérie après que les soeurs aient placé sur elle une "médaille miraculeuse" de la Vierge qui avait également été placée sur le corps de la "petite soeur des pauvres" après son décès.

Le pape François avait rencontré la religieuse au célèbre sari blanc bordé de bleu à l'occasion du synode des évêques sur la vie consacrée en 1994 à Rome, trois ans avant sa mort.

La correspondance personnelle de Mère Teresa a révélé que la soeur avait souffert dans sa foi tout au long de sa vie et même douté de l'existence de Dieu.

"Jésus a un amour tout particulier pour vous. Pour moi, le silence et le vide sont si importants que je regarde et ne vois pas, que j'écoute et n'entends pas", avait-elle écrit en 1979 à un confident, le pasteur Michael Van Der Peet.

Mère Teresa a eu également ses détracteurs, comme l'auteur britannique Christopher Hitchens qui en 1994 l'accusa dans un documentaire d'être une opportuniste politique ayant contribué au malheur des plus pauvres en s'opposant fermement à la contraception et à l'avortement.