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Le parlement français a adopté lundi soir la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien après un ultime vote du Sénat.

Le Sénat a ratifié par 127 voix contre 86 ce texte déjà adopté par l'Assemblée nationale le 22 décembre. Le Sénat ayant jugé le texte conforme (sans amendement), il est définitivement adopté par le parlement. 237 sénateurs seulement sur 347 ont pris part au vote.

La proposition prévoit un an de prison et 45.000 euros d'amende en cas de contestation ou de minimisation de façon outrancière d'un génocide reconnu par la loi française.

Deux génocides, celui des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale et celui des Arméniens sont reconnus, mais seule la négation du premier était pour l'instant punie.

L'adoption du texte par l'Assemblée nationale le 22 décembre avait provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Paris et la Turquie. Ankara a promis un nouveau train de représailles en cas d'approbation du texte.

La réaction de la Turquie

Le vote lundi par le Sénat français d'une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien est un "manque total de respect" et une "grande injustice" envers la Turquie, a affirmé le ministre de la Justice Sadullah Ergin, dont le pays a toujours nié ce génocide.

Il a indiqué sur la chaîne d'information CNN Türk, immédiatement après l'adoption du texte, que pour la Turquie cette loi était "nulle et non avenue".

Dans la foulée, la Turquie a réitéré lundi sa menace de représailles "permanentes" contre la France si la loi pénalisant la négation du génocide arménien adoptée dans la soirée par le Sénat est promulguée dans les prochains jours par le gouvernement.

"Si la loi est promulguée par le gouvernement, les conséquences seront permanentes. La France est en train de perdre un partenaire stratégique", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'ambassade de Turquie à Paris, Engin Solakoglu.