Le Parlement grec a adopté (229 "pour", 64 "non", 6 abstentions), dans la nuit de mercredi à jeudi, une série de réformes demandées par les créanciers de la Grèce en préalable à un nouveau plan d'aide portant sur au moins 80 milliards d'euros.

Selon un premier calcul, 229 députés ont validé le texte, 6 se sont abstenus et 64, dont l'ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis et la présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou, ont voté contre ces mesures, notamment des hausses de TVA et une réforme des retraites. Ce n'est qu'après minuit 30 que la présidente de l'Assemblée a appelé les députés à voter, dépassant donc de quelques minutes la deadline fixée par les créanciers.


Tsipras demande de supporter le "fardeau"

Avant cela, au sein de la Vouli, le Parlement grec, avaient eu lieu des déclarations de personnalités de différents partis.

Alexis Tsipras a pris la parole peu avant minuit, admettant que "beaucoup d’erreurs" avaient été commises et qu'il ne "fuit pas ses responsabilités”. Le Premier ministre a tenté de rassurer les députés grecs, et surtout ceux de sa propre formation, Syriza. M. Tsipras a invité ses collègues à supporter le "fardeau" que constitue ce troisième plan d'aide et à voter en faveur de l'accord intervenu lundi matin à Bruxelles.

Voici quelques-unes de ses déclarations :

- "Nous nous sommes battus contre le FMI. Je suis fier du combat nous avons mené."

- "Nous avons laissé un héritage de dignité et de démocratie. Nous avons planté une graine qui grandira en Europe."

- "Ce gouvernement va faire de son mieux pour que la Grèce ne soit pas une proie pour les autres Européens."

- "Le peuple grec sait distinguer ceux qui perdent une bataille déséquilibrée et ceux qui rendent les armes."

- "Je n'ai jamais cru que les étrangers devaient être blâmés pour tous les maux du pays. Le grand adversaire réside dans ces murs."

- "Il y avait d'abord deux solution : un accord auquel je ne croyais pas ou un défaut de payement, qui aurait rendu les choses incontrôlables. Ensuite, il y a eu une troisième option : une sortie de la Grèce. Si c'est ce que vous voulez, on peut le faire... Toutes cos options ont été un fardeau cette nuit-là (lors de la réunion de la zone euro dimanche soir). J'ai fait mon choix : ne pas conduire cette société à des choses encore pires, de l'amener au bord de la falaise."

- "Je serai le dernier à m'enfuir et je ne vais pas aider les gens qui veulent faire tomber ce gouvernement."

Alexis Tsipras a terminé son discours sous les applaudissements de nombreux représentants de Syriza. Il a également fait remarquer que la deadline (ce mercredi soir à minuit) pour se prononcer sur la proposition des créanciers était dépassée depuis quelques minutes et qu'il fallait maintenant voter. Le leader de Nouvelle Démocratie ne l'a pas entendu de cette oreille et a réclamé le droit à la parole, qui lui a été accordée. Il a notamment affirmé que "nous allons vous soutenir, mais vous nous prenez pour des idiots et nous ne le sommes pas".