Le Parlement européen a réclamé mercredi une augmentation d'au moins 5% du budget européen à partir de 2014 afin d'assumer les nouvelles missions confiées à l'Europe, adressant ainsi une fin de non recevoir aux pays européens partisans d'un gel des dépenses européennes en raison de la crise actuelle.

Dans un rapport adopté mercredi soir à une large majorité (39 pour, 5 contre et 4 abstentions) par la commission spéciale du Parlement sur les défis politiques et les ressources budgétaires de l'UE, les eurodéputés, co-décideurs en matière budgétaire, estiment que geler les dépenses européennes "n'est pas une option viable".

A leurs yeux, augmenter le budget communautaire de 5% suffirait à peine pour réaliser les récents engagements politiques pris par les Vingt-sept, notamment pour concrétiser la stratégie UE2020 qui vise à stimuler la croissance et l'emploi sur le Vieux continent, mais aussi les investissements en matière de recherche, d'infrastructures, de stabilisation financière, de politique étrangère ou encore d'élargissement.

Ceux-ci mettent d'ailleurs au défi les Etats membres partisans d'un gel des dépenses -- la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne notamment -- de désigner les priorités politiques qui devraient en conséquence être abandonnées demain.

Le Parlement réclame de son côté un statu quo pour les dépenses agricoles après 2013, lesquelles représentent aujourd'hui près de 40% du budget commun, ainsi qu'en matière de cohésion (35% des dépenses), une politique communautaire qui vise à soutenir le développement des régions d'Europe les plus pauvres. Les députés se disent juste prêts à économiser sur les dépenses administratives (6% du budget européen), sans préciser toutefois là où ils sont prêts à porter le fer.

Le texte adopté mercredi par le Parlement européen placerait le budget de l'UE à 1,11% du PNB européen, contre 1,06% à l'heure actuelle, soit toujours bien en-deçà de la limite de 1,23% fixée par les traités européens. Sur le plan des recettes, le Parlement réclame dans son rapport la création -- suggérée par la Commission européenne -- de véritables ressources propres pour le budget européen, alimenté aujourd'hui aux trois quarts par des contributions directes des Etats membres.

"Un système de vraies ressources propres serait plus juste, plus transparent, plus simple et équitable", soulignent-ils, assurant que pareille réforme n'entraînerait aucune charge fiscale supplémentaire pour les contribuables européens.

Dans le foulée, ils entendent également mettre fin aux différents rabais et mécanismes de réduction sur leur contribution au pot commun dont bénéficient depuis des années certains pays, la Grande-Bretagne principalement. Avec l'adoption de ce rapport mercredi, qui sera approuvé en plénière début juin, le Parlement européen se positionne dans le débat à venir sur le prochain cadre budgétaire pluriannuel pour la période 2014-2020.

La Commission européenne doit déposer fin juin une proposition chiffrée de cadre pluriannuel, lançant ainsi officiellement les discussions politiques sur ce sujet traditionnellement très sensible. Celles-ci devraient se prolonger jusqu'en 2013.