Six de ses onze députés ont quitté mardi le nouveau petit parti anti-Brexit Change UK, composé de transfuges conservateurs et travaillistes, après un échec cuisant aux Européennes fin mai. 

Cette formation europhile est née en février du regroupement de députés démissionnaires des partis traditionnels, conservateur et travailliste, réunis sous l'étiquette d'indépendants. Les onze élus ont ensuite créé le parti Change UK (Changer le Royaume-Uni) et participé au scrutin européen fin mai, défendant la tenue d'un second référendum sur le Brexit.

Mais Change UK n'a remporté aucun siège au Parlement européen, échouant ainsi à incarner la voix europhile britannique.

Au contraire, le scrutin a donné un nouveau souffle au Parti libéral-démocrate, lui aussi europhile, qui est arrivé à la deuxième place et a placé seize députés au Parlement. Et c'est le Parti du Brexit, créé il y a à peine quatre mois et partisan d'une rupture nette avec l'Union européenne, même sans accord pour absorber le choc, qui a raflé la mise avec 29 sièges.

"Nous savons que le paysage (politique) continuera à évoluer (...) et nous en avons conclu qu'en reprenant des sièges d'indépendants, nous serions le mieux placés pour travailler avec les différents partis et réagir de manière flexible", ont expliqué les six députés dans une déclaration commune publiée sur Twitter.

Deux anciennes élues conservatrices, Heidi Allen et Sarah Wollaston, et quatre ex-travaillistes, Luciana Berger, Gavin Shuker, Angela Smith et Chuka Umunna, siègeront ainsi de nouveau sous l'étiquette d'indépendants.

"Je suis très déçue qu'à un moment aussi crucial pour la politique britannique, d'anciens collègues aient pris cette décision", a déclaré Anne Soubry, ancienne députée conservatrice qui a pris la tête mardi de Change UK.

"Ce n'est pas le moment de partir mais plutôt de se retrousser les manches", a-t-elle jugé, affirmant que Change UK restait "déterminé" à soutenir l'organisation d'un second référendum.