Le père jésuite Paolo Dall'Oglio, fondateur du monastère de Mar Moussa à 80 km au nord de Damas et docteur honoris causa de l'UCL, vient d'annoncer sur Radio Vatican qu'il va quitter la Syrie. Il le fait à la demande de son évêque, précise la radio du Saint-Siège.

Le père Paolo était jusqu'ici « la » voix modérée de la communauté chrétienne de Syrie. Il plaide pour le dialogue entre musulmans et chrétiens, pour le déploiement d'une force de trois mille Casques bleus dans le pays et croit que seules les populations locales sont à même en Syrie de ramener l'ordre et de combattre toute forme de terrorisme.

Dans une lettre ouverte, le 20 mai, à l'émissaire de l'Onu Kofi Annan, initiateur d'un plan de paix, il affirmait que « nous nous agrippons à votre initiative comme des naufragés à une bouée ».

Car pour ce père jésuite, le conflit entre sunnites et chiites est en train de miner toute la région. « Le printemps arabe (…) court désormais le risque d'une dérive confessionnelle violente ».

Agrippé à la montagne, le monastère de Mar Moussa avait reçu en février la visite d'une trentaine d'hommes armés et masqués. Plus tôt, en novembre 2011, le père Paolo avait été menacé d'expulsion par les autorités syriennes.