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Le chef néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a été ciblé par une lettre piégée qui a été "interceptée", a indiqué mardi son porte-parole, au lendemain de la découverte à Athènes de huit paquets suspects destinés à des personnalités de pays européens.

"Je peux confirmer que le ministre Dijsselbloem était la cible d'une lettre piégée", a assuré à l'AFP un porte-parole, Coen Gelinck. "La lettre a été interceptée", a-t-il ajouté, refusant de confirmer qu'il s'agit de l'un des paquets retrouvés à Athènes.

La police avait découvert lundi, dans un centre d'expédition du nord de la capitale grecque, huit paquets suspects, similaires à ceux adressés la semaine dernière au ministère des Finances allemand et au FMI à Paris.

Les paquets découverts étaient adressés à "des personnalités de pays européens", et à d'autres institutions économiques mondiales, selon la police locale.

Celui reçu à Paris avait légèrement blessé au visage et aux mains l'employée qui l'avait ouvert. Celui de Berlin avait été intercepté par les services de sécurité.

La Conspiration des Cellules de feu, un groupe anarchiste grec, a revendiqué l'envoi à Berlin, et les enquêteurs français lui ont également attribué l'attentat de Paris à la mouvance anarchiste grecque.

La Conspiration des cellules de feu avait mis l'Europe en état d'alerte en 2010 avec une série d'envois de colis piégés, notamment à la chancellerie allemande, et à des dirigeants européens. Beaucoup de ses membres, très jeunes, avaient été condamnés en 2011. Le groupe avait fait quelques réapparitions depuis 2014.

Le pays vit depuis 2010 sous perfusion financière constante de la part de l'UE et du FMI, en échange de réformes particulièrement difficiles pour la population. M. Dijsselbloem a eu lui-même des tensions avec des ministres grecs pendant les négociations, notamment avec l'ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis.