International Les dirigeants européens "jouent avec le feu" en recourant à une rhétorique pouvant être exploitée par les extrémistes de droite à propos du multiculturalisme, a affirmé le président du comité du Prix Nobel pour la paix, Thorbjorn Jagland, dns une interview publiée dimanche par l''Observer', l'édition dominicale du journal britannique 'The Guardian'.

Au cours de ces derniers mois, plusieurs dirigeants européens, dont le Premier ministre David Cameron, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, ont diagnostiqué l'"échec du multiculturalisme". M. Jagland, un ancien Premier ministre norvégien, a ajouté qu'il avait appelé ces dirigeants - tous issus de la droite - à adopter une approche plus "prudente" à propos du multiculturalisme, une semaine après le carnage provoqué par Anders Behring Breivik, 32 ans, qui a fait au total 77 morts, selon le dernier bilan de la police. Selon Jagland, de tels propos sur l'échec de l'intégration risque d'enflammer l'extrême droite et de provoquer des sentiments d'hostilité envers les musulmans. "Les dirigeants politiques doivent défendre la réalité, que la société est devenue plus diverse", a souligné M. Jagland. Il a aussi appelé les politiques à mieux maîtriser leur vocabulaire. Ainsi "diversité" sonne mieux que "multiculturalisme", un concept auquel certains groupes attachent une connotation négative. Pour le président du comité du Prix Nobel pour la paix, l'expression "terrorisme islamique" devrait aussi être bannie. "Le terrorisme, c'est le terrorisme et il n'a pas besoin de se voir lié à une religion", a-t-il fait valoir.