Donald Trump, Angela Merkel, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, Recep Tayyip Erdogan, Justin Trudeau, Mohammed VI, Charles Michel, Denis Sassou Nguesso... Des dizaines de dignitaires se sont réunis dimanche à Paris pour célébrer le centenaire de l'armistice de la Grande guerre.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche que le "projet européen de paix", né après 1945, était menacé par la montée du nationalisme et du populisme.

"Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question", a-t-elle déclaré à l'ouverture du premier Forum pour la Paix à Paris.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a quant à lui mis en garde dimanche contre un "engrenage" géopolitique semblable à celui qui mena à la Première Guerre mondiale et à celui des années 1930.

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"Bien des éléments aujourd'hui me semblent emprunter et au début du XXème siècle, et aux années 30, laissant craindre un engrenage invisible", a-t-il déclaré à l'ouverture du Forum sur la Paix, organisé à l'occasion de la commémoration du centenaire de l'armistice de la Grande Guerre.

"Nous sommes fragilisés par les retours des passions tristes, le nationalisme, le racisme, l'antisémitisme, l'extrémisme, qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent", a prévenu M. Macron.

Dans la foule des Champs-Elysées, le Néo-Zélandais Nevan Lancaster ne dit pas autre chose: "Nous entrons dans un futur plus incertain. Je ne pense pas qu'après 70 ans de paix, nous en aurons 70 de plus".

"Un signe d'espoir"

"Voir réunis tant de dirigeants du monde, Trump et Poutine l'un à côté de l'autre, c'est un signe d'espoir", a quant à lui affirmé le Premier ministre belge Charles Michel à l'issue des cérémonies parisiennes du centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale. Un rassemblement hors norme qu'Emmanuel Macron a mis à profit pour vanter le multilatéralisme dans les relations internationales.

"C'était une commémoration émouvante, et aussi un moment important, parce que chacun est bien conscient des conflits, potentiels et réels, qui agitent le monde actuellement", a indiqué M. Michel en fin de journée.

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"Cela ne signifie évidemment pas que tous les conflits sont résolus, mais bien qu'il existe encore de l'espace pour le dialogue, et c'est nécessaire", a-t-il ajouté.

"Les tragédies du siècle dernier sont directement liées à l'unilatéralisme et la souveraineté égoïste. Pour les défis de demain, cela signifie qu'il est plus que jamais nécessaire de coopérer davantage et d'opter pour la négociation. Est-ce simple? Non. Mais c'est toujours un choix courageux, et surtout nécessaire pour les générations à venir".