Le Qatar a promis dimanche un milliard de dollars d'aide à la reconstruction de l'enclave palestinienne de la bande de Gaza dévastée l'été dernier par une guerre de 50 jours avec Israël, lors de la conférence internationale des donateurs au Caire.

Il s'agit de très loin la plus grosse contribution immédiate, annoncée par le ministre des Affaires étrangères du riche émirat, Khalid ben Mohammad al-Attiyah, au cours de cette conférence qui réunit une cinquantaine de pays et organisations internationales.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry devait profiter de cette conférence des donateurs pour appeler à relancer le processus de paix avec Israël, moribond depuis six mois.

M. Kerry était présent au Caire avec une trentaine d'autres chefs de la diplomatie pour cette nouvelle conférence internationale pour la reconstruction de l'enclave palestinienne de Gaza, co-organisée par l'Egypte et la Norvège.

"Gaza reste une poudrière, les habitants y ont désespérément besoin de voir des résultats dans leur vie quotidienne" de ces nouvelles promesses financières de la communauté internationale, a averti Ban Ki-moon dans son discours.

La guerre de 50 jours en juillet et août a fait plus de 2.100 morts dans la bande de Gaza --essentiellement des civils-- et 73 côté israélien, des soldats pour la quasi-totalité. La petite enclave palestinienne, soumise à un blocus hermétique d'Israël ces huit dernières années, a subi d'importantes destructions.

"En 2009, la communauté internationale s'était déjà réunie" en Egypte pour la reconstruction de Gaza, dévastée par trois guerre ces six dernières années, a rappelé M. Ban. "Nous avions promis notre soutien et nous étions convenus de reconstruire et, aujourd'hui, nous sommes à nouveau ici (...), le cycle construction-destructions se poursuit, il empire", a-t-il regretté.

A l'ouverture, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays parraine des pourparlers indirects pour une trêve durable à Gaza, a déclaré à l'adresse d'Israël qu'il était "temps de mettre fin au conflit avec les Palestiniens".

"Nous avons besoin d'une nouvelle solution pour établir un état palestinien avec Jérusalem-est pour capitale", a immédiatement réaffirmé le président palestinien Mahmoud Abbas, assis à ses côtés, pressant la "communauté internationale de faire le maximum pour fixer une limite dans le temps afin de mettre un terme à l'occupation (israélienne, ndlr) et entamer des négociations sérieuses".

Mais la perspective d'une relance des négociations a été fraîchement accueillie par le ministre des Affaires étrangères d'Israël, qui n'a pas été invité au Caire.

"Il faut voir dans quel cadre et sur quels points porteraient ces négociations. Si elles ne portent que sur les exigences palestiniennes alors c'est peine perdue", a tranché Avigdor Lieberman, dans un entretien pour un site d'information.

Par ailleurs, il a indiqué qu'Israël était un acteur indispensable de la reconstruction de la bande de Gaza. "Gaza ne peut pas être reconstruite sans la coopération et la participation d'Israël", a déclaré le ministre. Israël, qui impose un strict blocus sur la bande de Gaza depuis 2006, peut de facto empêcher ou faciliter le transfert de l'aide qui sera débloquée pour la reconstruction de Gaza, en autorisant ou non le transfert de matériaux de constructions ou de fonds vers l'enclave palestinienne.

L'Autorité palestinienne a présenté un projet de reconstruction de Gaza de 76 pages, pour un montant de quatre milliards de dollars dont la plus grande partie est affectée à la construction de logements.

La conférence pourrait produire un montant de promesses élevé, mais "un certain pessimisme est de rigueur, les gens en ont assez de payer sans horizon politique", affirmait récemment un diplomate sous couvert d'anonymat.

Les Etats-Unis sont les seuls pour le moment à avoir pris un engagement pour verser 400 millions de dollars sur un an avec l'ajout de 212 millions annoncé par M. Kerry. Mais l'Europe et les pays arabes devraient aussi promettre des sommes importantes.