Le Saint Suaire de Turin, un linceul qui aurait enveloppé le corps du Christ au moment de sa mise au tombeau, va être présenté au public à partir de samedi pour la première fois depuis dix ans.

Plus de deux millions de visiteurs sont attendus à la cathédrale de Turin (nord de la l'Italie) pour l'exposition de ce morceau de tissu sujet à controverses, qui se poursuivra jusqu'au 23 mai.

Le Saint Suaire de Turin, une pièce de lin de 4,36 m sur 1,10 m sur laquelle, selon la tradition, se serait imprimée l'empreinte du corps du Christ supplicié, a été découvert au milieu du XIVe siècle dans la collégiale Notre-Dame à Lirey, près de Troyes (France).

Le tissu est depuis toujours l'objet d'une bataille entre les scientifiques qui croient à son authenticité et ceux qui en doutent. Des historiens, s'appuyant notamment sur une datation au carbone 14 réalisée en 1988, ont établi que la fabrication de ce linceul remontait au Moyen-Age, entre 1260 et 1390, mais cette datation est elle-même contestée.

En 2005, le magazine français Science et Vie avait fait réaliser un "vrai faux" linceul avec les techniques du Moyen-Age. Le pape Benoît XVI honorera lui-même le 2 mai la relique. En annonçant en juin 2008 aux pèlerins turinois cette nouvelle exposition du saint suaire, le pape avait déclaré qu'elle constituerait "une occasion propice de contempler ce visage mystérieux qui parle silencieusement au coeur des hommes, les invitant à reconnaître le visage de Dieu".

La dernière exposition du Saint Suaire remonte à l'an 2000. Le pape Jean Paul II avait souhaité qu'il soit présenté à la vénération des fidèles, à Turin, à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) organisées cette année-là à Rome.