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Le super-typhon Haiyan, le cyclone annoncé comme le plus violent au monde cette année, a commencé à frapper les Philippines vendredi, provoquant des inondations et détruisant des bâtiments dans les régions exposées du centre de l'archipel.

Haiyan balayait tôt vendredi matin les côtes est de l'archipel avec des vents soufflant par rafale jusqu'à 315 km/h, selon l'agence météo des Philippines.

Il se trouvait au-dessus de l'île de Samar, à environ 600 km au sud-est de Manille, après avoir touché la ville côtière de Guiuan à 4H40 (20H40 GMT jeudi), a indiqué à l'AFP le météorologue Romeo Cajulis.

Les dégâts, à Guiuan, un port de pêche de 40.000 âmes, pourraient être "catastrophiques", a prévenu le météorologue américain Jeff Masters sur le site www.wunderground.com.

"Peut-être les plus gros dégâts causés par un cyclone tropical sur une ville depuis un siècle", selon lui. Les communications avec la ville ont été immédiatement coupées à l'arrivé du typhon.

La chaîne de télévision ABS CBN diffusait des images de rues submergées et de bâtiments mis à terre à Tacloban, une ville de 200.000 habitants sur le littoral.

"On nous a rapporté des arbres déracinés, des vents très violents (...) et des habitations en matériaux légers endommagés", a déclaré à l'AFP le chef de la Croix-Rouge nationale, Gwendolyn Pang.

Le typhon a fait un mort, selon le premier bilan provisoire officiel qui devrait très rapidement s'aggraver.

Le président philippin Benigno Aquino a averti la population jeudi de se prémunir au maximum contre cette tempête géante qui a fait des pointes à 380 km/h en approchant des Philippines.

"A l'attention de nos responsables locaux, vos résidents sont confrontés à un grave péril. Faisons tout ce que nous pouvons tant que (Haiyan) n'a pas encore frappé le pays", a déclaré M. Aquino. "Nous pouvons diminuer les conséquences de ce typhon si nous nous entraidons. Restons calmes, surtout lorsque nous achetons des produits de première nécessité, et en nous installant dans des endroits sans danger".

Le président a averti que certaines zones exposées au front de 600 km du typhon subiraient de graves inondations et des vents dévastateurs, tandis que les zones côtières pourraient être submergées par des vagues de six mètres de haut.

Plus de 125.000 personnes dans les zones les plus vulnérables ont été évacuées avant l'arrivée du typhon, selon la défense civile, et des millions d'autres se sont calfeutrées dans leurs maisons.

Selon les autorités, les écoles ont été fermées sur le passage du typhon, les services de ferrys suspendus, et les pêcheurs ont reçu l'ordre de sécuriser leurs embarcations.

A Manille, qui n'est pas directement sur le passage de typhon mais pourrait en ressentir des effets, de nombreuses écoles ont été fermées.

Philippine Airlines, Cebu Pacific et d'autres compagnies aériennes ont annoncé la suspension de centaines de vols, pour la plupart intérieurs.

Près de 16 millions de personnes, dont 12 au Philippines, se trouvent sur sa trajectoire. Le Vietnam et le Laos seront traversés par la tempête dimanche.

"C'est un typhon très dangereux. Les responsables locaux (aux Philippines) savent quelles sont les zones les plus vulnérables et ont demandé qu'elles soient évacuées", a déclaré à l'AFP Glaiza Escullar (Agence nationale de météorologie). En outre, il n'y a quasiment pas de montagnes sur sa trajectoire, qui auraient permis d'atténuer sa force rapidement.

Selon Jeff Masters, Haiyan, classé en catégorie 5, la plus élevée, est "le plus puissant cyclone à toucher terre de l'Histoire".

Le précédent record datait de 1969, lorsque l'ouragan Camille avait touché le Mississipi.

Chaque année, les Philippines sont balayées par une vingtaine de grosses tempêtes ou typhons, généralement entre juin et octobre, et les scientifiques craignent une intensification de ce phénomène avec le réchauffement climatique.

Haiyan devrait notamment traverser des régions encore convalescentes après le passage de tempêtes meurtrières et un séisme de 7,1 de magnitude survenu le mois dernier sur l'île de Bohol (centre) dans lequel 222 personnes ont trouvé la mort.

Cinq mille rescapés de la secousse vivent toujours dans des campements de fortune.

L'île méridionale de Mindanao est, elle aussi, très vulnérable. La tempête Washi y avait fait plus de mille morts en décembre 2011 et le typhon Bopha près de 2.000 morts et disparus un an plus tard.

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