Face aux nombreuses réactions critiques des fidèles, un peu partout sur la planète, la Conférence des évêques du Brésil a donc désavoué, vendredi - voir LLB du week-end - l’archevêque de Recife qui avait excommunié la mère d’une enfant de 9 ans qui avait dû avorter de jumeaux à la suite d’un viol ainsi que toute l’équipe médicale qui avait pratiqué l’interruption de grossesse. Une réaction forte qui n’a pas pu laisser la hiérarchie romaine indifférente, d’autant plus qu’une semaine plus tôt, le cardinal Re, le préfet de la Congrégation pour les évêques, avait quasiment estimé que l’avortement était pire que le viol !

Dès lors, c’est un "poids lourd" du Vatican, le président de l’Académie pontificale pour la Vie, Mgr Rino Fisichella, qui est monté en ligne, dimanche dans "L’Osservatore Romano" et en des termes, une fois n’est pas coutume, équivoques. "Avant de penser à une excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder la vie innocente" de la fillette "pour la ramener à un niveau d’humanité dont les hommes d’Eglise devraient être les experts et les maîtres", écrit Mgr Fisichella. "Cela n’a pas été le cas et, malheureusement, la crédibilité de notre enseignement qui est apparu aux yeux de beaucoup insensible, incompréhensible et privé de miséricorde, s’en est ressentie", poursuit le président de l’Académie pour la Vie dont on rappellera qu’elle est chargée de promouvoir la doctrine de l’Eglise catholique sur les questions de bioéthique.

L’enfant de 9 ans "portait en elle d’autres vies innocentes comme la sienne, bien que fruits de la violence, et elles ont été supprimées : mais cela n’est pas suffisant pour faire tomber un jugement comme un couperet", conclut Mgr Fisichella.

Un point de vue partagé aussi par l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois qui a été interpellé sur la question, par "Le Jour du Seigneur". "Qu’on soit opposé à l’avortement, a dit le cardinal, tout le monde le comprend. Cela ne veut pas dire qu’il faut accabler les gens qui sont dans une situation de détresse. Déclarer publiquement l’excommunication ne semble pas devoir faire progresser grand monde."