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Les immenses élevages mécanisés qu’on aperçoit sur la route annoncent la couleur : Amarillo conditionne un quart de la viande de bœuf produite aux Etats-Unis. Le sous-sol de la ville, qui tire son nom d’une autre couleur ("jaune", en espagnol), recèle par ailleurs 90 % des ressources mondiales en hélium. Parmi les fleurons de l’industrie locale, Pantex, qui assemble des armes nucléaires, et Bell Boeing, qui commercialise le V-22 Osprey, croisement d’avion et d’hélicoptère cumulant les avantages des deux.

Mais, en approchant cette agglomération de 200 000 habitants par l’ouest, en suivant ce qui était la fameuse Route 66 et est aujourd’hui l’Interstate 40, on découvre la nouvelle richesse de la capitale du "Panhandle" (le "manche") texan : Wildorado Wind Ranch, un ensemble de 70 éoliennes géantes fabriquées par Siemens.

Tout comme le nord-ouest du Nouveau-Mexique voisin, l’ouest du Texas a vu se multiplier ce qu’on appelle ici les " wind farms ", des parcs éoliens gigantesques (le plus grand du monde, avec 627 turbines, se trouve à Roscoe). Cela ne manque pas de bon sens sur des plateaux où le vent souffle souvent, et fort.

Le développement de l’énergie éolienne au Texas remonte au début des années 1970, mais ce n’est que récemment, grâce à la flambée des prix du pétrole, que l’essor a été spectaculaire. Avec plus de 10 000 mégawatts installés, le Texas est devenu le premier producteur d’électricité éolienne aux Etats-Unis et cette capacité devrait être doublée dans un avenir proche. Les autorités ont le projet de tisser un réseau de lignes à haute tension entre l’Ouest et le Panhandle d’une part, les grandes villes comme Dallas-Fort Worth d’autre part.

L’énergie solaire connaît elle aussi un engouement. En termes de panneaux photovoltaïques placés, le Texas compte parmi les dix premiers Etats de l’Union - normal, de nouveau, s’agissant d’une région où le soleil brille 250 jours par an. Mais si l’objectif écologique - produire et consommer de l’énergie propre - y trouve son compte, les ambitions économiques ne sont pas au rendez-vous.

Les panneaux sont fabriqués le plus souvent en Chine et assemblés aux Etats-Unis - quand les entreprises chinoises n’investissent pas en Amérique pour assurer aussi l’assemblage. Deux d’entre elles viennent de s’implanter à Phoenix, en Arizona.

De manière générale, l’économie verte ne crée pas autant d’emplois qu’on pouvait l’espérer. Et ceux qui voyaient les "cols verts" rivaliser bientôt avec les cols blancs (les employés) et les cols bleus (les ouvriers) en sont pour leurs frais.Ph. P., à Amarillo (Texas)