Nouveau rebondissement dans l'affaire "Leonarda", cette jeune collégienne expulsée au Kosovo en pleine sortie scolaire, une décision soutenue par Manuel Valls qui a choqué les Français et fragilisé le gouvernement.

Le père de Leonarda, Reshat Dibrani, a déclaré avoir menti aux autorités françaises. Sa fille, tout comme l'entièreté de sa famille, ne serait pas d'origine kosovare mais italienne, rapporte le Nouvel Obs. "Toute la famille, ma femme et mes enfants, sont nés en Italie. Ils n'ont rien à voir avec le Kosovo. Ils sont nés en Italie et puis nous sommes venus en France. Nous avons menti aux autorités en disant que nous étions du Kosovo. Nous avons demandé l'asile en France et nous ne pouvions pas montrer nos papiers italiens. Nous avons dit que nous avions fui le Kosovo", a affirmé cette homme de 43 ans.

Le père avait été expulsé le 8 octobre de France vers le Kosovo. La mère et ses six enfants le 9 octobre.

Pourtant, dans la famille, personne ne parle albanais. Non, les enfants parlent français, italien et un peu rom.

Les noms des enfants sonnent pour la plupart italien: Maria, Leonarda, Roki, Ronaldo, Hasani et Medina.

"Ce n'est pas ma faute mais celle de la France"

"Nous ne savons pas quoi faire avec cette famille. Elle n'est pas du Kosovo",déclare un responsable kosovar sous couvert de l'anonymat. "Il n'y a que le père qui soit né au Kosovo."

"Les enfants ont peur parce qu'ils ne connaissent pas la langue, ici. Ils pleurent nuit et jour. Ils disent, 'Papa, qu'est-ce que tu nous as fait ?' Je leur dit que ce n'est pas ma faute mais celle de la France", poursuit le père Reshat, qui se dit prêt à rester au Kosovo, mais pas ses enfants.

"Ici, je ne parle pas la langue, je ne la comprends pas, j'ai peur que les gens se moquent de moi", déclare Leonarda. "Ma maison est en France. En France, j'ai tout, mes amis, mon petit ami, mes professeurs, mon école, mon avenir [...] Je n'ai rien ici. Je ne sais pas pourquoi je suis au Kosovo."

Selon la préfecture du Doubs, la famille Dibrani était entrée irrégulièrement en France en janvier 2009. Le père déclare: "Notre intention est de revenir [en France] le plus vite possible parce que nous n'avons rien, ici."