Les "atrocités" commises en Syrie représentent un "échec collectif" de la communauté internationale, a affirmé mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en appelant une nouvelle fois le Conseil de sécurité à agir. 

"Notre échec collectif à prévenir les atrocités commises en Syrie depuis deux ans et demi pèsera lourdement sur la réputation de l'ONU et de ses Etats membres", a-t-il déclaré lors d'un débat à l'Assemblée générale de l'ONU consacré à la "responsabilité de protéger". M. Ban a exprimé "l'espoir que les discussions en cours sur le contrôle des stocks d'armes chimiques de la Syrie amènera le Conseil de sécurité à jouer un rôle efficace pour mettre fin à la tragédie en Syrie". 

La Syrie, accusée d'avoir mené une attaque chimique le 21 août près de Damas, s'est déclarée prête à mettre son arsenal chimique sous supervision internationale mais des discussions sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU à cet effet sont bloquées par des divergences entre Occidentaux et Russes. 

M. Ban a cependant souligné les "efforts importants de la communauté internationale pour mettre fin à la violence" en Syrie, citant la création d'une Commission d'enquête de l'ONU et les opérations humanitaires menées par les agences de l'ONU "dans les conditions les plus difficiles".


"La Russie joue son prestige"

La Maison Blanche a affirmé mercredi que la Russie jouait son "prestige" dans le processus diplomatique qui s'engage sur les armes chimiques en Syrie, à la veille d'une réunion russo-américaine à Genève. Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole du président Barack Obama a en outre concédé que les Etats-Unis abordaient cette nouvelle phase en étant "sceptiques" quant à la sincérité du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Principale alliée du gouvernement syrien, la Russie, "après avoir pendant deux ans bloqué les tentatives aux Nations unies de faire rendre des comptes à Assad (...) joue, ou semble montrer qu'elle veut jouer un rôle constructif", a remarqué Jay Carney.

Celui-ci s'exprimait au lendemain d'un discours solennel de Barack Obama, dans lequel le président américain a accepté de laisser une chance à une proposition russe de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international pour être détruit, éloignant la perspective de frappes américaines immédiates contre le régime Assad.

La proposition de Moscou, acceptée par le gouvernement syrien, "montre que la Russie met son prestige en jeu", a estimé M. Carney. Elle représente "une véritable occasion si elle est couronnée de succès".

Toutefois, "nous restons évidemment sceptiques vis-à-vis des engagements que prend la Syrie. Le régime Assad n'est pas très fiable lorsqu'il s'agit de respecter ses engagements. Mais il nous faut explorer cette possibilité" d'une solution diplomatique, a encore dit le porte-parole.

Mardi soir, M. Obama avait confirmé que son secrétaire d'Etat John Kerry allait se rendre jeudi à Genève pour rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov afin de discuter de l'application éventuelle du plan de Moscou en Syrie.