L’année 2005 s’est révélée la plus coûteuse de l’histoire pour les assureurs. Les catastrophes naturelles et techniques ont provoqué quelque 225 milliards de dollars (plus de 187 milliards d’euros) de dégâts, dont des dommages assurés estimés à 80 milliards (67 milliards d’euros), a annoncé mardi la compagnie suisse Swiss Re, géant mondial de la réassurance.

Selon des estimations provisoires, plus de 112.000 personnes ont perdu la vie dans des catastrophes l’an dernier, en très grande majorité en Asie. Le tremblement de terre du 8 octobre dernier qui a frappé le nord du Pakistan a été particulièrement meurtrier, entraînant le décès de plus de 87.000 personnes.

Les catastrophes ont causé 225 milliards de dollars (plus de 187 milliards d’euros) de dommages économiques directs aux bâtiments, aux infrastructures et aux véhicules.

L’ouragan Katrina aux Etats-Unis a été le plus dévastateur, laissant une ardoise de 135 milliards de dollars (112 milliards d’euros). Il devrait coûter 45 milliards (37,5 milliards d’euros) aux assureurs, soit la facture la plus élevée jamais enregistrée.

Jusqu’ici, c’est l’ouragan Andrew qui avait été la catastrophe la plus onéreuse, faisant pour 22 milliards de dollars (18 milliards d’euros) de dégâts en 1992 en Floride et le long du Golfe du Mexique. Vient ensuite l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 à New York et Washington, qui avait coûté 21 milliards de dollars (17,5 milliards d’euros).

Aucun chiffre n’est encore disponible concernant le dommage imputable au gigantesque incendie qui a détruit un dépôt de carburant près de Londres. Les dommages découlant du puissant tremblement de terre au Pakistan ont été de l’ordre de cinq milliards de dollars (4,17 milliards d’euros).

Environ 88% du total des sinistres catastrophiques ont été enregistrés aux Etats-Unis. En Europe, la facture se monte à six milliards de dollars (8,35 milliards).

L’étendue totale des catastrophes en 2005 n’a pas encore été complètement évaluée, mais la tendance aux sinistres très dévastateurs semble se poursuivre, estime Swiss Re. Cela s’explique par la plus forte densité de la population, la concentration accrue des valeurs assurées ainsi que le développement des constructions dans des zones très exposées aux risques naturels.

Pour le géant mondial de la réassurance, la phase de températures élevées en cours, mesurable depuis les années 1990, et la fréquence élevée des ouragans enregistrée récemment ne laissent guère espérer que la tendance se renverse prochainement.