Passer à l'action de manière isolée et avec n'importe quelle arme disponible, telle était la consigne donnée en septembre 2014 par Abou Mohammed Al-Adnani (notre photo), porte-parole officiel de l'organisation djihadiste Etat islamique.

Abou Mohammed Al-Adnani avait ainsi incité récemment ses combattants à répandre la mort à l'aide d'un camion. Dans le magazine de propagande Inspire, on pouvait ainsi lire les lignes suivantes: "Utiliser un camion comme une tondeuse à gazon. Allez dans les endroits les plus densément peuplés et prenez le maximum de vitesse pour faire le plus de dégâts. Si vous avez accès à une arme à feu, utilisez-la pour finir le travail."

Comme le souligne Le Parisien, Al-Adnani exhorte régulièrement ses partisans à ne plus rejoindre l'EI mais à frapper directement dans leur pays d'origine. ces consignes s'ajoutent à celles-ci: "Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle, débrouillez-vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d’une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le… Que l'infidèle soit combattant ou civil est sans importance. Leur sentence est la même : ce sont tous deux des ennemis. Leur sang est permis".

Il y a un mois à peine, le 13 juin dernier, Larossi Abballa avait utilisé un couteau pour tuer un policier et sa femme à leur domicile, en région parisienne.


Un véhicule pour semer la mort: ce n'est pas une première

La course folle d'une voiture ou d'un camion comme arme de terreur: le poids lourd qui a fauché mortellement au moins 84 personnes à Nice, jeudi soir, jour de fête nationale, renvoie à un mode opératoire connu des services de l'antiterrorisme.

Une telle utilisation de véhicules n'est pas une première en Occident: deux attaques au nom du djihad prenant pour cibles des militaires ont récemment marqué les esprits.

En mai 2013, deux Londoniens d'origine nigériane avaient renversé en voiture le jeune soldat Lee Rigby à Londres avant de le larder de coups de couteau. Sur une vidéo filmée juste après l'agression, l'un des meurtriers déclarait avoir voulu venger les "musulmans tués par des soldats britanniques". Lors de son procès, ce père de six enfants a déclaré qu'il était en "mission" en tant que "soldat d'Allah" et "en guerre contre la Grande-Bretagne", en invoquant la loi du talion.

Quelques mois plus tard, en octobre 2014, un Canadien de 25 ans récemment converti aux thèses djihadistes avait foncé au volant de sa voiture sur trois militaires, en tuant un et en blessant un autre, au bord d'une route dans la banlieue de Montréal.

Cerné par la police au terme d'une course-poursuite, l'assaillant s'était extirpé de son véhicule, couteau en main, avant d'être abattu. En rupture familiale, le jeune homme voulait rejoindre la Syrie.