Il est 3h59 à Bruxelles. L’heure est grave. Trump est en pole position. Rue des Francs, les équipes rédactionnelles de "La Libre" s’affairent, s’agitent et s’inquiètent. "Si Trump gagne, alors moi je prends la navette pour Mars", lâche un journaliste en chef. "Vous allez voir, cela va être comme pour le Brexit, on va être bien surpris", commente un autre. Les yeux rivés sur les écrans télévisés, on retient son souffle. BFM TV annonce les derniers résultats du moment : 139 grands électeurs pour Donald Trump contre 104 pour Hillary Clinton. "Needed to win : 270", rappelle pour la énième fois le présentateur vedette de CNN. L’attente se fait de moins en moins soutenable. Sans compter qu’il y a une édition spéciale numérique à boucler.

À l’heure de rédiger ces lignes, on se remémore alors ce que nous confiait quelques heures plus tôt Mister Philippe Paquet himself, notre envoyé spécial aux Etats-Unis : "Ce que je redoute le plus, c’est la victoire de Donald Trump, qui me terrifierait, mais aussi la contestation des résultats par le perdant. Sur la forme, qu’un résultat serré empêche une annonce suffisamment rapide du vainqueur, et ne nous permette pas de produire analyses et commentaires dans les temps".

Des futurs journalistes sur le pont

Du côté de la rédaction web, les équipes sont gonflées à bloc. Pour vivre cette nuit électorale d’exception et couvrir le dernier "round" de cette course folle à la Maison-Blanche, une quarantaine d’étudiants en journalisme de l’Ihecs ainsi que ceux du blog en ligne du Master en Presse et Information de l’Ihecs, le "Bruxelles Bondy Blog", ont été conviés. Infographies, vidéos, billets radiophoniques, tweets… le boulot ne manque pas pour ces futurs journalistes. "Les résultats tombent trop vite !" s’écrie l’un d’eux. "M’enfin, pourquoi la carte des Etats américains s’actualise-t-elle toute seule ?", s’échauffe un autre. "Check la Floride, check la Floride !", lance un troisième.

"Nous sommes ici, à la rédaction de ‘La Libre’ depuis ce mardi soir 18h. On boit du café pour tenir le coup", s’amuse François. Il y a de longs moments creux, puis il y en a d’autres où nous devons être ultra-réactifs et productifs. J’aime beaucoup cette forme d’adrénaline". Et le même de commenter : "Pour nous, étudiants en journalisme, couvrir ce moment historique constitue une opportunité incroyable de nous exercer à la profession. Depuis le début de la soirée, on nous laisse une certaine forme de liberté, c’est très enrichissant". Un "baptême du feu" initié et encadré par Dorian de Meeûs, le rédacteur en chef de La Libre.be. "L’idée, explique l’intéressé, c’est vraiment de prendre les étudiants avec nous dans cette aventure unique, de leur fournir une première expérience de terrain au travers d’un événement aussi exaltant que l’élection du 45e président des Etats-Unis".

Le tweet de Philippe Paquet

Les minutes passent, les experts et autres analystes défilent sur les plateaux télévisés américains, les marchés boursiers commençent à s’agiter… mais toujours pas de grand vainqueur. Il est 5 heures du matin. Hillary Clinton vient de remporter la Californie. Avec ses 190 grands électeurs désormais à son actif, elle repasse devant Trump. Mais rien n’est joué. On attend toujours le résultat définitif pour la Floride, l’un des "swing states" les plus stratégiques de cette élection. Quelques heures plus tôt, Philippe Paquet balançait sur la twittosphère ce commentaire à chaud : "Sur 85 % du vote en Floride, 0,2 % sépare désormais Clinton de Trump ! La soirée tient toutes ses promesses…".

Il ne croyait pas si bien dire.


Quelques vidéos réalisées par les étudiants