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L’écrivain chinois Liu Xiaobo , décédé la semaine dernière, fut un exemple des plus emblématiques de ces écrivains défendant une cause. "La Libre" vous propose les portraits de quatre autres voix littéraires engagées.

Ce vendredi, la romancière turque Asli Erdogan, porte-voix des minorités opprimées.

Terrorisés par les purges menées par le pouvoir, les intellectuels, journalistes et artistes turcs savent désormais que la case prison les attend à la moindre expression désobligeante.

Le pianiste Fazil Say l’a appris à ses dépens après avoir raillé le " paradis islamique " dans des tweets. Les journalistes Can Dündar et Erdem Gül de "Cumhuriyet", pour avoir révélé que les services secrets turcs du MIT livraient des armes à la rébellion syrienne. Le président turc d’Amnesty international Taner Kiliç, pour avoir défendu les dizaines de milliers de fonctionnaires et d’universitaires qui ont été limogés ou incarcérés dans une purge sans précédent depuis les années 60.

Et puis il y a Asli Erdogan, cette romancière et militante des droits de l’homme dont les nuits sont sans sommeil depuis une incarcération de plus de quatre mois dans la prison des femmes de Bakirköy à Istanbul. Elle a été inculpée en même temps qu’une linguiste de 70 ans, Necmiye Alpay, qui ressemble plus à une sympathique mamy qu’à une dangereuse terroriste. Depuis le 22 juin, les deux femmes sont théoriquement libres de voyager à l’étranger, mais leurs passeports ont été confisqués.

Tout ce que la Turquie compte d’intellectuels libéraux et de gauche subit de plein fouet la purge menée par le président Erdogan après la tentative de putsch avortée des 15 et 16 juillet 2015. Allié à l’extrême droite nationaliste turque du MHP, le parti au pouvoir, l’AKP, a profité de l’échec d’une poignée de militaires pour mettre le pays au pas, préparer un régime présidentiel fort et conservateur et peut-être, remplacer l’héritage laïc d’Atatürk par un agenda islamiste. "A ma sortie de prison, un seul quotidien turc m’a accordé une interview, alors que plus de cents médias du monde entier m’ont sollicitée", soulignait Asli Erdogan une interview à "La Libre Belgique", publiée le 9 mai dernier.

Son crime ? Avoir soutenu les Kurdes

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