Les Etats-Unis ont demandé l'extradition de l'ancien vice-président et homme d'affaires du Honduras Jaime Rosenthal, 79 ans, qu'ils veulent poursuivre pour trafic de drogue et blanchiment d'argent, a annoncé samedi le ministre des Affaires étrangères Arturo Corrales. 

"Ce n'est pas un jour de joie pour le Honduras, (...) ni pour les proches, ni pour la famille, nous le regrettons tous, nous aurions préféré que cela n'arrive pas, mais la demande (d'extradition) est là", a annoncé le ministre à des médias locaux.

M. Corrales a indiqué que la demande avait été reçue avant le 24 décembre, mais qu'il avait fallu la traduire de l'anglais vers l'espagnol.

Le 7 octobre, la justice américaine avait inculpé Jaime Rosenthal, ancien vice-président de la République (1986-1990) et considéré comme l'une des premières fortunes du pays d'Amérique centrale, ainsi que son fils Yani, ancien ministre (2006-2009), et son neveu Yankel, interpellé le 6 octobre à Miami (sud-est des Etats-Unis).

Tous trois sont accusés par la justice américaine de blanchir de l'argent de narcotrafiquants à travers des comptes bancaires aux Etats-Unis, depuis 2004 et jusqu'en 2015.

La nouvelle des poursuites lancées aux Etats-Unis a ébranlé le Honduras où la famille, très liée à la sphère politique, possède de nombreuses entreprises, surtout dans le secteur financier.

M. Corrales a souligné que Jaime Rosenthal souffrait d'une "maladie grave" et qu'il faisait l'objet d'une procédure en cours au Honduras.

Les Etats-Unis ont gelé sept entreprises appartenant à la famille, paralysant notamment la banque Continental, ce qui a amené le gouvernement du Honduras à ordonner sa fermeture. Il a aussi saisi une cinquantaine d'entreprises et de biens appartenant aux Rosenthal.