George Bush a rapidement réagi mardi matin, après la série d'attentats qui a frappé New York et Washington. «Nous connaissons aujourd'hui une catastrophe nationale (...), c'est un moment difficile pour l'Amérique», a déclaré le président américain en évoquant un «attentat terroriste». Il a ajouté que l'administration américaine «pourchasserait» les responsables. Lors d'une brève conférence de presse en Floride, où le président visitait une école, ce dernier a afirmé que «le terrorisme ne passera pas». «J'ai parlé au vice-président, au gouverneur de New York, au directeur du FBI, et j'ai ordonné que toutes les ressources du gouvernenment fédéral soient consacrés à aider les victimes et leurs familles. J'ai aussi ordonné qu'une enquête approfondie soit menée pour traquer et trouver ceux qui ont commis cet acte», a-il-dit.

DES AMBASSADES FERMÉES

Pour se prémunir face à la menace terroriste toujours présente, des ambassades américaines ont fermé en Europe et en Amérique Latine. L'ambassade américaine à Rome ainsi que celle de Buenos Aires ont été évacuées. De même, le personnel du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'Onu à Rome a aussi été invité à rentrer chez lui. L'Otan n'a pas ordonné l'évacuation de son QG de Bruxelles, mais George Robertson, son secrétaire-général, a demandé à tout le personnel dont la présence n'est pas indispensable de quitter les locaux, a déclaré le porte-parole de l'Alliance, Yves Brodeur. Le secrétaire général de l'Otan, George Robertson, a appelé mardi la communauté internationale à faire front pour combattre le terrorisme. «Mes sympathies et celles de l'Alliance vont au peuple américain, aux victimes et à leurs proches»,

peut-on lire dans une déclaration. «Ces actes barbares sont autant d'atteintes intolérables à la démocratie et soulignent la nécessité pour la communauté internationale et les membres de cette Alliance de faire front commun pour combattre le fléau du terrorisme»

On ne sait pas encore si une consigne d'évacuation a été donnée à toutes les ambassades des Etats-Unis en Amérique du Sud, ou si les Marines évacuant l'ambassade d'Argentine obéissaient à un ordre isolé. A Paris l'ambassade américaine a pris des mesures de sécurité supplémentaires. «En raison de ces événements tragiques, l'ambassade des Etats-Unis a pris des mesures préventives. L'ambassade et ses services restent opérationnels mais l'accès au public est temporairement suspendu. Nous continuons à fournir des services de secours aux citoyens américains», a déclaré l'ambassade dans un communiqué. «Les citoyens américains sont appelés à rester très vigilants et à prendre les mesures appropriées en matière de sécurité. Les personnels des services gouvernementaux américains à l'étranger sont appelés à prendre les mêmes précautions.».

Aux Etats-Unis, le maire de New York, Rudolph Giuliani a vivement recommandé aux habitants de quitter le sud de Manhattan. De même, le gouverneur de Californie a ordonné la fermeture de tous les bâtiments du gouvernement de cet Etat. Pour des raisons de sécurité, en raison des attaques de ce jour contre la capitale de la nation et la ville de New York, j'ordonne que tous les immeubles de bureaux et autres installations de l'Etat restent fermés jusqu'à nouvel ordre, a déclaré le gouverneur Gray Davis dans un communiqué.

SILENCE RADIO

Outre les ambassades, La Maison Blanche, coeur du pouvoir américain, a également été évacuée en début de matinée, de même que les bâtiments du Pentagone, siège du service de la Défense américaine, touché par le crash d'un avion. Les grandes administrations évacuées, le président en déplacement et de nombreux hauts responsables muets: le pouvoir américain a semblé pris au dépourvu face à l'ampleur des attentats de New york et de Washington. M.Bush, en voyage en Floride, n'avait d'ailleurs toujours pas fait savoir en fin d'après-midi, à quel moment il comptait regagner la capitale. Ce n'est qu'en fin de journée,qu'il a réuni ses ministres au Nebraska. Quand au vice-président Dick Cheney, aux membres du gouvernement et au ministre de la Défense Donald Rumsfeld, tous sont restés invisibles. Le chef de la CIA George Tenet, de même que celui du FBI, Robert Mueller, ne se sont pas davantage montrés en public après les attentats. En outre, si M. Tenet était dèjà en poste sous la précédente administration, M. Mueller n'a pris son poste à la direction de la sécurité fédérale que très récemment.

Si le chef de l'Etat s'est efforcé lors de deux brèves allocutions de donner l'impression de maîtriser la situation, il n'a cependant pas annoncer de décisions concrètes en dehors «d'une mise en alerte maximale»

des forces armées. Il a également indiqué que les autorités américaines «avaient pris toutes les mesures de sécurités appropriées pour assurer la protection des Américains», sans préciser lesquelles.

Le secrétaire d'Etat Colin Powell a lui aussi été pris de court, en plein milieu d'un voyage en Amérique du Sud. Le chef de la diplomatie américaine a cependant rapidement annoncé qu'il annulait une visite en Colombie pour regagner au plus vite Whashington depuis Lima, au Pérou. M.Powell a parlé «d'une terrible tragédie» qui «n'affectera pas la nature de notre société. Nous trouverons les responsables et nous les traduirons en justice», a-t-il ajouté sans plus de commentaires.

Le pouvoir économique a semblé pour sa part être plus prompt à réagir. Les autorités américaines de l'aviation civile ont ordonné l'annulation de tous les vols commerciaux aux Etats-Unis, mesure sans précedent, et également dérouté tous les vols internationaux vers le Cananda.Tous les marchés financiers et les bourses ont été fermées. La flotte américaine de l'Atlantique a également dépêché des porte-avions à Washington et à New York afin de protéger les centres nerveux politique et financier du pays. Une réaction quasi militaire pour un pays état de guerre.

© La Libre Belgique 2001